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 Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]

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Fitzroy F. Holmes
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MessageSujet: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Mar 22 Sep - 6:45

{AVERTISSEMENT (comme à la télé’ \o/) ; ce post contient des propos violents et des sous-entendus de viol, contenu qui s’adresse donc à un public averti.}

Ah, la nature vampirique. La VRAIE nature vampirique, celle qui pousse le vampire à attaquer pour se nourrir, à attaquer pour le plaisir, à chasser comme un vrai prédateur, comme l’animal qu’il est à l’intérieur. Les violentes pulsions qui conduisaient à tuer des familles entières pour se satisfaire. Des désirs impossibles à taire avant d’avoir détruit un humain, d’avoir pris possession de son corps et de son esprit. La façon de procéder était là, ancrée au fond de son subconscient et aucune loi, même émise par le plus puissant d’entre eux, ne pourrait le forcer à retenir ses envies. Fitzroy était d’une profonde nature vampirique : il était bien au-dessus de cette vie humaine autrefois si chère à son cœur. Aujourd’hui, les inquiétudes et les obligations de la faible créature qui lui servait d’esclave, de repas et d’amusement étaient lointaines. Il ne craignait ni la mort, ni la maladie et il avait le pouvoir autant physique que social de dominer. Il y avait toujours quelqu’un au-dessus de lui, comme ce serait toujours le cas, mais il y avait bien plus d’individus sous lui. Autant humains que vampires, ils remplissaient les rangs hiérarchiques inférieurs au sien. Et la morale humaine, les principes de certains vampires, tout cela lui avait échappé au fil du temps : qu’étaient la famille, l’égalité, la fidélité, l’entraide, la confiance et l’intégrité ? Il n’avait de respect que pour ses supérieurs et les humains qui donnaient leur vie à la race des vampires. Il traitait ses esclaves comme on traiterait des chats. Mais les autres, les humains libres, étaient comme de jeunes cerfs qui attendaient d’être fauchés. Et le lord avait déclaré la chasse ouverte ce soir.

Le vampire esquissa un sourire carnassier alors qu’il déposait son trench-coat sur la rampe du balcon. Il jeta un bref coup d’œil par la fenêtre qui donnait sur le salon, puis tourna lentement la poignée de la porte d’entrée. Décidément les humains étaient de moins en moins méfiants : le père s’était endormi devant la télévision, la porte était déverrouillée. Le lord s’arrêta un instant pour observer le pathétique quadragénaire assis sur le canapé, la tête vers l’arrière, la télécommande encore coincée entre ses doigts engourdis par le sommeil. Il n’était pas charmant. Il n’y avait rien de charmant dans le fait de vieillir. Fitzroy ne put empêcher un rictus dégoûté d’apparaître sur son visage de porcelaine. La vieillesse était si hideuse, pourquoi les humains s’obstinaient-ils à vouloir vivre le plus longtemps possible ? S’il n’y avait pas eu Ludowick, il aurait eu des rides, ses cheveux auraient perdu toute leur splendeur, il serait devenu vieux et faible. Le vampire éteignit le téléviseur et s’approcha de l’homme affalé sur le sofa. Sous un t-shirt usé, Holmes remarqua un évident surplus de poids, un repli de graisse proéminent, sûrement nourri de fast-food et de bière, entretenu par l’inaction. Il s’agissait d’une vision absolument dégoûtante; ni une ni deux, un craquement sonore retentit dans le salon, issu de la fracture nette des vertèbres du cou de l’humain. Il était hors-de-question de toucher de quelques manières que ce soit à cet énorme porc. Son sang était souillé non pas par la drogue et l’alcool –ce qui aurait été acceptable- mais par quantité de sodium, gras insaturés et autres.

Fitzroy se redressa et écouta un instant : à l’étage, dans la chambre du fond, deux jeunes voix discutaient tout bas. Des adolescents qui veillaient, de toute évidence, sans la permission de leurs parents. Mais il n’irait pas leur intimer le silence de suite, il avait mieux à faire. Il s’arrêta dans le couloir au haut des escaliers et entra silencieusement dans la première pièce à sa gauche : il avait visé juste. Dans l’obscurité, le vampire repéra une femme endormie, portant sur ses yeux un bandeau de nuit. Il s’approcha du lit, abandonnant en route quelques morceaux de vêtement, et se glissa sous les couvertures sans un mot. La femme, réveillée par une nouvelle présence, se retourna et tendit une main pour retirer son bandeau. Fitzroy l’en empêcha en posant délicatement une main sur la sienne, ce qui fit sourire l’humaine.


« Tu es encore dans un sale état, hm ? Tu as fermé la fenêtre au salon, tu as les mains gelées… »

Naïvement, elle se cala dans les bras de celui qui partageait son lit. Le lord s’empressa de faire croire à l’esprit fragile de cette mère de famille qu’elle était bel et bien dans les bras de son époux. Il n’y avait aucune chance qu’elle confonde réellement ce gros lard qui lui servait de mari avec la créature séduisante en face d’elle. C’était humiliant, voire douloureux, d’être aux yeux de cette femme un gorille sans la moindre classe, mais si cela pouvait l’empêcher d’alerter tout le voisinage, il voulait bien supporter quelques instants sous l’identité du primate ivrogne. Dans la pièce d’à côté, un adolescent et sa sœur cadette s’arrêtèrent soudainement de parler et les mains de la jeune fille se crispèrent sur son livre.

« Oh mon Dieu…Vincent, c’est pas ce que je crois hein ?
- Pense à autre chose, fais comme si tu n’entendais rien. »

Les deux jeunes humains se forcèrent à oublier les sons louches qui provenaient de la chambre de leurs parents et heureusement pour eux, ils finirent par capter un cri étouffé qui mit fin à leur supplice auditif. Dans la chambre en question, Fitzroy rabattit le couvre-lit sur le cadavre de la femme et boucla sa ceinture; il essuya d’un revers de main du sang sur sa joue, puis ramassa sa chemise avant de quitter la pièce. Le chasseur était pleinement éveillé, il n’était plus question de délicatesse, il avait besoin de s’approprier les deux adolescents. Le vampire traversa le couloir en silence et ouvrit brusquement la porte, surprenant les deux enfants. L’aîné était un garçon de seize ou dix-sept ans, installé dans un coin avec un jeu vidéo portable; sa sœur -qui semblait avoir quatorze ou quinze ans- lisait un roman, assise à même le sol. Le lord n’eut pas la patience de les contrôler; il chassa dans un coin de son esprit le vague gentleman qu’il savait parfois être et attaqua les jeunes humains par la force brute plutôt qu’un subterfuge vampirique. Le garçon fut le plus résistant : il vociféra, jura, se débattit violemment, jusqu’à ce que ses cris se transforment en lamentations et meurent dans sa gorge mutilée. Holmes rattrapa la cadette au salon et elle se contenta de pleurer et de supplier en protégeant son visage de ses mains tremblantes. Ses plaintes furent étouffées par la morsure dans sa chair pâle; le vampire retourna dans la chambre chercher une partie de ses vêtements oubliée. Lorsqu’il sortit de la maison, refermant la porte silencieusement derrière lui, Fitzroy boutonna sa chemise tachée de sang et ramassa son trench-coat. Il était temps de rentrer –pour se changer principalement- mais aussi parce qu’il avait eu tout ce dont il avait besoin. Il laissait derrière lui des corps dénudés meurtris et le cadavre de ce père de famille bedonnant.

Alors qu’il tournait le coin d’une ruelle pour échapper aux lieux achalandés, le lord Fostern Holmes aperçut une silhouette à quelques mètres de lui. Il arqua un sourcil, incertain : ami ou ennemi ? Indécis sur la nature de cette présence, il sortit un mouchoir pour faire disparaître le sang sur son visage et ses mains, puis ferma son trench afin de dissimuler ses vêtements souillés.


« Drôle d’endroit pour traîner, ne trouvez-vous pas ? »

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Torin Ó Loingsigh
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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Mar 22 Sep - 23:00

Il y avait quelques nuits, comme ça, où le monde semblait un peu irréel. Certaines nuits où la différence entre sa Terre natale et la jungle parisienne était saisissante, troublante. Certaines nuits où, du haut de ses quelques siècles, le seigneur peinait à ne pas rentrer chez lui, la queue entre les jambes, pour se terrer dans sa demeure d’Annaghkeen. Son repaire, ses marques. Son monde. Il était étranger, ici. Et rien de pire pour un homme – vivant ou non – comme lui, un chef, un maître, que de se retrouver au milieu de la foule, banal et sans reconnaissance. Torin se concentra un instant sur les claquements des talons d’une jeune humaine sur le bitume, ses yeux glissant de droites à gauche à chaque son, tentant de repérer la proie. Il détestait Paris. Presque autant qu’il aimait Limerick, Headford, l’Irlande. Au Diable les parisiens et leur langue pointue. Le Français n’avait jamais été une langue orale, et n’était appréciable que pour la calligraphie, où la douceur de ses lettres palliait à l’amertume de ses sons. Il voulait l’Irlande. Ses lochs, ses parfums, ses nuits. Son monde.

Un soupir léger pour marquer sa contrariété et le vampire se détacha de la proie pour poser les yeux sur un homme d’une trentaine d’années qui avançait vers lui. Transfuge. Trop bien portant pour être un esclave, et pas assez fou pour un humain perdu en pleine cité des vampires. Transfuge… rien que le mot ne lui inspirait pas confiance. Le sourire peu assuré mais commercial de l’homme le dégoûta, et il tourna les talons. On ne touche pas à la viande d’un autre. Et ce type n’était rien de plus qu’un esclave volontaire. Un idiot. Rien à voir avec les gens de ses Terres. Parce qu’ils n’avaient pas eu le choix, d’une part, et parce qu’ils ne travaillaient pas pour lui. Pas tous. Et ceux qu’ils le faisaient ne se dressaient pas contre leurs semblables, ou il leur donnait lui-même la mort. Ceux-là, comme ceux qu’il avait eu l’occasion de croiser à Londres ou même Dublin, dans une moindre mesure, n’avaient rien d’enviable, rien de respectables. Des chiens galeux. Pitoyables. Chasser ne signifiait pas tuer le premier humain qu’il verrait, et s’il fallait traquer pour avoir droit à un peu de qualité… Il prendrait le monde urbain comme terrain de chasse, sans frontière, et tant pis si ça n’était pas aussi excitant que les bois et les champs qu’il connaissait. Il n’était pas de ces vampires trop attachés à leurs traditions pour refuser un peu d’exotisme.

Une piste, puis une nouvelle. L’immortel traversait Paris rue après rue, menant sa traque. Délaisser une odeur, une trace pour une autre plus tentante, plus fraîche. Une voix pour une plus sensuelle, et trouver toujours le plus attirant ou le plus familier. Chercher la proie, jouer, un peu. Il ne fallait pas que la chasse devienne lassante, quelques soient ses principes. Tant qu’il s’agissait de traque, il n’y avait pas de barbarie, et on n’entachait pas le code. On ne brisait aucune règle. Finalement, Torin la trouva. Idéale, jolie fille. Ni trop vieille, ni trop jeune pour que l’acte ne tienne pas de la perversion. Une trentenaire un peu agitée, déversant un flot de mots sans suite et pour lui sans sens dans son portable. Trop occupée pour faire attention à lui. Idéale, avec son léger accent. Une anglaise, sans doute, trop plate pour être de chez lui où même de Galles. C’était toujours ça, probablement loin de chez elle, loin de tout. Et même sans comprendre ses mots, le ton qu’elle employait lui laissait croire qu’elle ne manquerait pas trop à son interlocuteur. Délicieuse étrangère à la peau pâle.

Paisible, sans encombrer ses traits d’un sourire inutile, l’Irlandais s’approcha, prenant soin d’attirer son attention sans pour autant l’effrayer, l’intriguer sans l’impressionner. En douceur. La proie, puisqu’elle n’était plus que ça, hésita un moment, suspendant sa colère et une voix douce interrompit celle grésillante du type avec qui elle discutait.


« Je te rappelle plus tard. »

Cette fois, Torin sourit. Son plus tard allait prendre des allures d’éternités. Peut être que l’autre allait s’inquiéter, en fait. Peut être qu’il la chercherait. Peu importe. La femme baissa son téléphone et recula de quelques pas, réclamant déjà qu’on la laisse. Pauvre petite chose.

« Shht. »

L’avertir ne servirait à rien, elle crierait quand même. Comme toujours. Mais les lieux étaient suffisamment déserts pour qu’un peu de bruit ne pose pas de problème, et la peur avait toujours rendu les femmes plus désirables. Elle, comme les autres, finirait par céder dans ses bras. D’un geste, il la plaqua contre le mur et l’embrassa, lui mordant a langue pour savourer les premières gouttes de sang. Aucun arrière goût d’alcool ou de médicaments comme la plupart de ceux qu’il avait trouvé depuis son arrivée à Paris. Doux et agréable. Passant une main sous son pull trop épais, ses lèvres frôlèrent son cou alors qu’elle devenait déjà plus silencieuse, figée par la peur et un surplus d’émotions trop humaines.

Lorsque sa poitrine cessa de se soulever sous sa main, il la laissa glisser au sol, l’accompagnant doucement, plus respectueux pour son corps mort que pour la vie qu’elle avait eu. Une brève hésitation et il lui brisa les vertèbres, plus par habitude que pour soulager ses souffrances. C’était trop court, trop peu. Il n’avait plus faim, mais voulait plus, profitant de ce qu’il était loin des Terres qu’il protégeait pour tuer sans remords. Il ne voulait pas de privation, pour le temps qu’il restait ici. Une semaine à peine, descendu dans un hôtel standard, où la chasse était son unique plaisir. Il voulait voir Liadan, Faolàn, mais de loin. Voir sans être vu, observer et savoir, être fier, dans un sens. Vérifier que ceux qu’il avait faits étaient toujours siens.

D’un geste rapide, il fouilla las poches de sa veste en jean pour lui prendre son portefeuille. Mary. Joli nom. Il ne s’intéressa pas à l’argent et chercha rapidement une adresse, puis remis l’objet à sa place et récupéra un trousseau. Pour le temps que ça durerait, l’appartement de sa proie changerait un peu de la chambre trop froide de l’hôtel. Maintenant que la fille ne présentait plus aucun intérêt, il fallait trouver autre chose. Comme l’inconnu qui avançait, et lui éviterai de perdre du temps. Il avança de quelque pas pour que l’inconnu ne remarque pas le cadavre trop vite et attendit patiemment de voir un peu mieux sa proie.


« Drôle d’endroit pour traîner, ne trouvez-vous pas ? »

« Paris dans son ensemble est un drôle d’endroit, les Français ne savent pas faire les choses. »

Son regard se posa sur l’inconnu et il le détailla doucement, intrigué. Il était ou du moins semblait jeune, mais avec une certaine prestance, et sentait le sang à plein nez. Si on oubliait l’odeur, un parfait lord, très probablement de son espèce, donc, et pas de ceux qui faisaient les choses en douceur et proprement. Beau aussi, de cette beauté un peu figée que l’Irlandais savait apprécier. Le genre d’homme entre les mains duquel vous ne laissiez pas votre femme, certain qu’elle n’en reviendrait pas intouchée. Amusant et prometteur.

« Même les Anglais ont fait mieux. »
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Fitzroy F. Holmes
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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Mer 28 Oct - 23:17

Lorsque la nature vampirique s’endormait tranquillement, l’homme derrière la bête pouvait reprendre ses droits. Chez Fitzroy, l’homme et la bête étaient pratiquement fusionnés; une fois ses pulsions calmées, il restait toujours en lui quelque chose de sauvage. La bête et lui étaient indissociables, il avait entièrement épousé cette partie farouche de lui-même. Il avait bien encore une petite part de sensibilité, de morale. Par exemple, il ne tuait pas les jeunes enfants; enfin, la plupart du temps. Il ne touchait pas aux bébés –pas vraiment de la morale en fait, juste qu’ils étaient aussi satisfaisants que de se nourrir d’un lièvre. Et il le disait en connaissant de cause, Ludowick et lui avaient déjà eu une soirée mémorable au beau milieu d’une forêt : les lièvres étaient durs à capturer et le goût final ne valait pas l’adrénaline de la chasse. Au moins, il avait gagné son pari. Il ne touchait pas les femmes enceintes qui ne lui appartenaient pas et ne laissait pas les enfants assister à la mort de leurs parents non plus. Si ce n’était pas un soupçon d’humanité tout ça, il ignorait ce qui pouvait le faire agir avec autant de bon sens et d’honneur. Ah, les humains devaient être reconnaissants d’avoir un vampire de la haute-société avec autant de jugement. C’est assez fier de lui-même et de sa grande bonté envers le genre humain que le lord avait abandonné ses victimes. Rien de mieux qu’un peu d’autoglorification après un bon repas et le toucher délicat de la chair humaine. Son humeur avait changé du tout au tout; le sauvage satisfait et le sauvage hors-de-contrôle étaient deux entités bien distinctes. Il n’avait plus envie d’égorger qui que ce soit, d’entendre des cris de terreur, de déchirer chair et vêtements. Il se savait incapable de refuser s’il rencontrait une jolie fille sur le chemin du retour, mais dans son état, elle aurait sûrement la chance de quitter sa demeure en vie, peut-être même avec quelques billets pour ses services. Si elle les méritait du moins, on ne dépensait pas de l’argent sur des gens inutiles; sa récompense serait égale à sa performance.

Pour le moment par contre, Fitzroy doutait fort que quelconque demoiselle se laisse entraîner dans sa demeure vu le sang frais qui tachait sa chemise. Le breuvage le plus délicieux et le plus destructeur pour sa garde-robe. Il y avait donc finalement des conséquences à boire le sang sur des humains farouches : les taches et les égratignures. Quoique tant que les éraflures n’atteignaient pas son visage, elles ne constituaient pas particulièrement un inconvénient. La sauvagerie des humains avait quelque chose de grisant, plus ils criaient et mieux il se sentait. Fitzroy chassa de nouveau les pensées obscènes qui l’envahissaient afin de se concentrer sur ce qu’il avait à faire à présent. Déjà, il devait s’éloigner du lieu de son agression, trouver un coin désert, se débarrasser de sa chemise et retourner tranquillement dans sa confortable demeure. Il n’avait pas tellement envie de tomber sur les sbires du Monarque Sombre, aussi respectable soit-il. Les règles étaient claires, la chasse comme il la pratiquait n’était plus autorisée depuis des années déjà. Mais une fois de temps en temps, lorsque les lois ne suivaient pas le cours de ses pensées, il envoyait au Diable tous les protocoles pour satisfaire ses envies. Le vampire tourna finalement dans une ruelle mais s’arrêta net devant une silhouette étrangère. L’odeur alléchante du sang lui indiqua la présence d’un humain, mais un second souffle, difficilement définissable, coupa court à ses rêveries de nouveau repas : elle était morte. Et cette silhouette, qui ne dégageait pas le remugle fétide de la hargne mais plutôt le parfum délicat de l’immortalité, devait être l’heureux consommateur du sang de cette femme. Le jeune lord se contenta d’une phrase des plus banales; une ruelle était bien entendu un drôle d’endroit pour trainer si l’on était un jeune humain frêle et apeuré, mais à vrai dire un vampire n’avait pas grand-chose à y craindre.


« Paris dans son ensemble est un drôle d’endroit, les Français ne savent pas faire les choses. »

Lord Fostern Holmes prit un moment pour détailler son interlocuteur de la tête aux pieds. Il était bien vêtu, il était étranger. Il n’y avait aucun « vampire errant » avec de la classe et celui-là ne faisait pas parti des membres de la haute-société de son réseau social. Et il était loin d’avoir l’air d’un nouveau-né, ce qui excluait l’hypothèse d’un nouveau jouet des membres du Conseil et compagnie. Il n’était donc pas d’ici, pas de Paris, il n’était pas français non plus considérant ses paroles et son accent. Mais il avait du charme, c’était indéniable. Sa présence était par contre trop dominante pour que le lord réagisse comme le prédateur qu’il prétendait être. Devant les vampires plus imposants – socialement, physiquement ou… psychologiquement – il se tenait tranquille. Celui-là avait quelque chose qui lui rappelait un peu la présence de Ludowick. Son âge sûrement.

« Même les Anglais ont fait mieux. »

Hiss. Le ton de cette phrase n’avait rien d’amical envers les Anglais. Fitzroy était un Anglais fier; il prenait l’insulte personnellement. Malgré tout, il pinça les lèvres et se força à adresser à l’inconnu un sourire poli.

« Of course. Les Anglais ont toujours fait mieux. »

Son affirmation était légèrement méprisante, prononcée de son accent britannique des plus distincts. Tout pour faire comprendre à l’étranger qu’on ne se pointait pas au milieu de sa petite vie tranquille en insultant sa patrie. D’où venait-il d’ailleurs pour tenir ce genre de propos- notons ici la tendance susceptible du lord- s’il venait d’un endroit qui avait vécu la guerre contre son noble pays, tant mieux, il le méritait sûrement !

« Earl Fitzroy Fostern Holmes. Vous n’êtes pas d’ici à ce que je vois…N’est-ce-pas ? »

Détournant son regard de son interlocuteur, feignant le total désintéressement, le vampire réajusta le col de sa chemise, prenant bien soin d’afficher fièrement les taches de sang sur le tissu blanc. La plupart des membres de la haute-société préféraient montrer leur bienséance plutôt que les traces de leur massacre, et généralement Fitzroy faisait parti de cette catégorie. Mais aujourd’hui, c’était différent; il n’avait pas besoin de prendre des précautions au sujet de ses activités face à un pur inconnu. Et au diable les conséquences, en cas de problème, il profiterait de ses contacts pour se sortir d’affaire. Quand on a l’habitude de contourner les règles, on développe des compétences en flatteries. On apprend à ramper et feindre la soumission, seulement pour mieux être en contrôle.

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Torin Ó Loingsigh
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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Lun 9 Nov - 17:48

Un coup d'oeil vers la fille posée sur le trottoir, sa tête blonde reposant sur son épaule, comme une poupée laissée contre un mur, et Torin sourit. C'était la France, c'était Paris. Ça n'avait rien de son Irlande bien aimée, et encore moins de ses Terres, puisqu'il ne doutait pas qu'à Dublin, les chasseurs soient moins discret que chez lui lorsqu'ils se nourrissaient. Un corps déposé sur le pavé ici ou là, comme un peu plus d'un siècle plus tôt les fast-food fleurissant à chaque coin de rue. Ça, c'était Paris, les morts fleurissaient sur la chaussée. Il se comportait ici comme chez lui, bien plus tôt, pendant les guerres ou les famines. Comme avant qu'il ne s'installe à Headford et qu'il ne s'établisse, préférant le compromis à l'esclavagisme. Parce que Faolàn pouvait bien se plaindre, mais les arrangements convenus avec son ancêtre étaient presque plus bénéfique aux humains qu'à Torin et ses quelques compagnons. Si les vampires y gagnaient le calme et l'obéissance, les humains en tiraient protection et prospérité. S'ils avaient l'impression d'être lésés dans l'affaire, ils pouvaient toujours faire un tour en dehors des Terres, où les vampires étaient rois et indisciplinés. Les humains n'étaient jamais contents.

Les clés de son nouvel appartement parisien en poche, l'Irlandais poussa du pied les jambes de la morte pour qu'elle se fasse plus discrète, peu habitué à laisser ses victimes au vu et au su de tous. Il était de ces vieux vampires qui préféraient la discrétion qui leur avait toujours permis de survivre dans un monde qui ne leur appartenait pas, et la soumission des Riagal et la possession de leurs Terres n'avaient rien changé. Si tous savaient qui il était, personne n'appréciait de voir son fils, son frère ou son père abandonné sans considération, nul n'aimait s'imaginer les derniers instants d'un proche. Il protégeait les siens pour sa propre tranquillité, ce qui impliquait de ne pas toujours tuer ou, quand la soif et l'envie ne lui permettaient pas de se restreindre, de jeter les corps dans le lac. La disparition laissait supposer la mort, et la famille savait généralement ce qui se passait sans avoir besoin de l'admettre. Pour encore plus de paix, il chassait généralement hors des Terres. Et forcément, ça n'avait rien à voir avec ce qui se passait dans les grandes villes, et particulièrement ici, à en croire l'odeur de sang dégagée par le vampire qui venait mettre un terme à sa chasse. S'il avait encore faim, Torin reprendrait ses activités un peu avant l'aube, certain de ne plus être dérangé par la plupart des vampires trop effrayés par la brulure du soleil. S'il se débrouillait bien, il parviendrait à rentrer chez la fille avant que la nuit ne cesse. Sinon, il n'aurait qu'à attendre que les marques s'estompent, et ça n'avait rien de dramatique. Il était mort, il ne pouvait décemment pas agir comme une midinette à protéger son apparence avant toute autre chose. Il avait passé l'âge où la beauté immuable est fascinante et où on la croit facile. Les brulures disparaissaient toujours, et n'altéraient jamais sa beauté. Il était immortel, que représentait une semaine de guérison au cours d'une vie éternelle ?

Avec un sourire, Torin nota l'agacement du vampire. La bienséance et le respect qui lui était dû empêchaient l'indigène qui, à entendre son accent excessivement prononcé, n'en était pas vraiment un de s'emporter. L'irlandais observa donc le sourire forcé se dessiner sur les lèvres de l'autre vampire, peu affecté par son mépris évident. Tant que l'autre s'écrasait, il pouvait bien penser ce qu'il voulait de lui. Il était vexé, il était impuissant, et cela rendait la situation bien plus intéressante qu'elle ne s'annonçait quelques secondes plus tôt. La conversation banale et conventionnelle commencée par l'Anglais tournait à la joute verbale, à l'affrontement poli de deux hommes plus que de deux vampires. Chacun protégeait ses origines, sa patrie. Et le jeune lord étant bien plus susceptible que l'Irlandais bâtard, le combat était joué d'avance. Torin avait vu trop d'affrontements entre leur deux pays pour croire un instant que l'Angleterre pouvait encore massacrer ses Terres, alors quelques soient les arguments du vampire, il ne craignait pas que la puissance Anglaise soit supérieure à celle de sont pays. Il était suffisamment confiant pour que la plupart des insultes ne l'atteignent pas. Avec un air dubitatif, il choisit d'en rajouter un peu, histoire de faire bouillir l'homme en face de lui.


« Toujours ? C'est un peu excessif quand on sait que les troupes anglaises ont été défaites par une pauvre pucelle... »

Et qu'il n'aille pas lui conter cette histoire de bûcher, il avait fallu un traître pour que les Anglais puissent mettre la main sur la pucelle d'Orléans. Avec sa susceptibilité, le vampire se montrait plus intéressant que n'importe quelle proie. Un parfait anglais, précieux et totalement stéréotypé. Prévisible et manipulable. Un vrai lord et pourtant, il avait le ridicule des vampires de pacotille que l'on trouve dans les romans. Il empestait le sang comme une vieille femme sent l'eau de toilette. Il semblait pourtant assez vieux pour être à même de contrôler ses pulsions, alors les tâches qui maculaient sa chemise étaient les conséquences d'une barbarie comme celle d'Aine. C'était ça, ou bien il choisissait mal ses victimes et le combat avait été particulièrement rude. Mais alors, il n'aurait pas affiché le sang sur son col avec autant de fierté. Torin hésita un instant, ne sachant pas s'il tentait réellement de l'impressionner, avec son titre et sa cruauté. Et si c'était le cas, il doutait quant aux raisons. Earl Fostern voulait-il montrer sa force ou cherchait-il les compliments ? Un sourire moqueur accueillit cette démonstration. Le lord était un enfant qui réclamait de l'attention, rien de plus. Les anglais étaient pitoyables.

« Lord Torin O'Loingsigh. Et je ne suis pas d'ici en effet, je suis Irlandais. De l'Irlande libre, s'entend. »

Une précision superflue, et Torin sourit de plus belle, reprenant son air moqueur et presque puéril. L'autre attendait une réaction, en montrant son col, autant le satisfaire. Montrant les tâches d'un geste vague, il reprit son sérieux.

« Si vous voulez pour le sang, je connais une bonne méthode. C'est assez répugnant, quand on y pense. »

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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Dim 6 Déc - 2:11

Dans deux ou trois jours, les voisins demanderaient certainement des nouvelles de la petite famille. Ils entreraient pour trouver des corps dans le plus grand désordre; combien de foyers avait-il déjà laissé dans cet état ? Trop au goût du Conseil sûrement, mais on préférait mettre les massacres sur le dos de vampires sans importance. Tout pour éviter un scandale, la haute-société vampirique n’avait évidemment pas besoin de mauvaise publicité. De toute façon, qui soupçonnerait l’élégant Lord, si respectueux envers le Conseil, de tels massacres violant la loi ? Il avait toujours réussi à cacher aux yeux de tous ses virées nocturnes dans les quartiers humains. Il ne niait pas son goût pour les humains des ruelles par contre, parce que de toute façon, ces humains-là n’avaient pas de vie. Pas de famille, pas de toit, pas de fortune…Il aimait par-dessus tout donner une chance aux prostituées des bas-quartiers; les inviter dans sa grande demeure, leur faire porter des habits bien plus raffinés que les leurs et les payer pour le simple fait de jouer les compagnes modèles. Et celles qui s’agitaient ne repartaient qu’avec le goût de la mort sur leur lèvres – celles qui réussissaient à ramper jusqu’au hall du moins. Néanmoins, après une razzia chez une famille bien rangée de Paris, il n’avait plus tellement envie de ramener chez lui la moindre petite fille de joie. Le vampire ne cherchait qu’à retrouver son confort, brûler sa chemise tacher et se retirer dans sa bibliothèque. Dans quelques nuits, il irait acheter des esclaves, sûrement deux jeunes humains de sexes opposés, qu’il garderait dans sa chambre pendant une semaine ou deux, pour rattraper la solitude des derniers temps. Il avait beau être vampire, le Lord avait besoin d’affection autant qu’un humain, sinon même plus. Cependant, à l’instant même, Fitzroy n’avait pas la tête à être affectueux avec qui que ce soit et encore moins l’inconnu qui dérangeait ces plans. Certes, il était loin d’être affreux, mais il avait commis une erreur difficilement réparable en parlant des Anglais. Oh s’il avait louangé l’Angleterre, Fitz’ aurait souri à l’étranger, se serait présenté et aurait indiqué avec un sourire plein de sous-entendus l’emplacement exact de sa demeure. Mais ce n’était pas le cas. L’étranger ne portait pas les Anglais dans son cœur de toute évidence et Fitzroy en était outré. Qui donc osait s’opposer à sa patrie, son cher pays où il n’avait pas remis les pieds depuis au moins cent ans ?

« Toujours ? C'est un peu excessif quand on sait que les troupes anglaises ont été défaites par une pauvre pucelle... »

Le vampire taché de sang resta un moment figé et serra légèrement les poings, prenant bien soin de cacher du mieux qu’il le pouvait sa colère. La pucelle d’Orléans…Il était sacrément plus vieux que prévu, l’étranger. Fitzroy n’était même pas né à l’époque, ni en vampire, ni en humain. Il n’était même pas prévu et ses parents non plus. De toute façon, il fallait être un crétin pour mettre en doute la puissance de son pays en ramenant la victoire d’une jeune idiote sûrement schizophrène qui n’avait évidemment besoin que d’un époux pour calmer ses ardeurs. Nah. Nettement rassuré par ses proches pensées, l’anglais se présenta et réajusta le col de sa chemise. Les taches écarlates qui maculaient sa chemise de soie blanche apparurent dans la lumière pâle de la ruelle et Fitzroy ne put s’empêcher d’afficher un air fier. Il n’y avait bien que lui pour être aussi heureux de s’être sali. Habituellement furieux de mettre du sang sur ses précieux vêtements, il n’y avait vraiment que Lord Fostern Holmes pour être fier de massacrer l’une de ses chemises. C’était donné à tout le monde de se salir en mangeant, mais s’amuser en le faisant était différent.

« Lord Torin O'Loingsigh. Et je ne suis pas d'ici en effet, je suis Irlandais. De l'Irlande libre, s'entend. »

Un Irlandais. De l’Irlande libre. Voilà d’où venait le mépris qu’il ressentait envers cet étranger. Il pouvait bien ne pas aimer les Anglais, Fitzroy esquissa un sourire – ce n’était qu’un Irlandais. Juste un représentant d’un petit coin de pays ridicule, du coin qui n’appartenait pas –encore- au Royaume-Unis.

« Si vous voulez pour le sang, je connais une bonne méthode. C'est assez répugnant, quand on y pense. »

L’Anglais sourit de plus belle, satisfait parce qu’on avait remarqué le dégât sur sa chemise. À vrai dire, s’il ne pouvait pas montrer sa supériorité par ses origines et ses paroles, il essaierait par d’autres moyens. S’il était assez barbare pour vider une famille de leur sang en s’éclaboussant de la sorte, il l’était assez pour s’engager dans un combat de ruelle. Quoique…L’Irlandais était au moins de 200 ans son aîné. Dans ce cas-ci, devait-il appliquer la règle de respect des vieux croulants…hm…plus âgés ? Mieux valait s’en tenir aux démonstrations de mépris verbales.

« Et bien…Sire O’Loingsigh. »

Fitzroy prit bien soin d’écorcher la prononciation du nom de son interlocuteur. C’était de la faute de l’Irlandais de toute façon, leurs fichus noms qui ne se prononçaient jamais comme des noms normaux. Tiens, comment s’écrivait ce nom de toute façon ? Olongseach ? Ah non, il devait y avoir une apostrophe ou un accent quelque part. À tous les coups, il n’y avait pas de ‘a’ non plus. Et sûrement quelques ‘i’ pour compliquer les choses.

« Que faites-vous à Paris ? Il n’y a pas de proies passables dans votre coin de pays ? Ou alors vous êtes venu rencontrer le Monarque Sombre ? Encore mieux ! Vous êtes venu défendre votre droit d’être représenté au Conseil, c’est vrai que les petits pays ne devraient pas être laissés de côté…Êtes-vous venu accompagné du Liechtenstein aussi ? »

Le vampire adressa à son aîné un sourire moqueur et retira son trench-coat avant d’entreprendre de retirer sa chemise. Pas question de porter cette chemise tachée plus longtemps.

« Pour ce qui est du sang, je ne compte pas remettre cette chemise de toute façon. Ce sont mes esclaves qui font la lessive en général, j’ai mieux à faire que de faire des tâches ménagères. Et puis, j’ai du mal avec la notion de porter le même vêtement plusieurs fois alors que je peux me permettre d’en acheter d’autres. Vous n’avez pas d’humains à votre disposition dans votre petit coin de pays libre ? »

Libre, ah. Libre d’être insignifiant oui. Juste pour retirer la mention « libre » de son esprit, de façon symbolique, Fitzroy pensa aller se kidnapper une jeune irlandaise et la garder enchaînée au pied de son lit. Ce serait sa manière à lui de capturer l’État libre d’Irlande.

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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Lun 21 Déc - 17:43



Les réactions du vampire en face étaient, si elles n'étaient pas toujours très plaisantes, assez divertissante, confortant Torin dans sa position. Il était mieux que ce petit lord expatrié. Non seulement parce qu'il valait bien mieux, mais parce qu'il n'avait pas le même contrôle de ses émotions. L'anglais bouillait, trépignait, faisait le paon tandis que l'irlandais restait impassible, les rares instants de doute immédiatement recouverts d'un voile d'indifférence. Earl Fostern pouvait dire ce qu'il voulait sur l'île, critiquait tout son soûl la terre de son aîné, il ressortait de chaque moquerie un peu plus perdant encore, se laissant prendre au jeu comme une mouche dans du miel. Et chaque défaite de Fitzroy rendait Torin plus joyeux que la seconde précédente, chaque pique relevée faisait de cet idiot, de ce lord de pacotille un être qu'il avait envie de découvrir un peu plus, faisant naître chez le vieux vampire l'envie d'une nouvelle attaque. Il savait ce qu'il faisait, il savait où il allait, et il était certain que ce qu'il avait en face de lui n'était un noble que de naissance, que par son titre. On l'avait nommé lord et il en avait usé et abusé, avec impatience et orgueil, quand son homologue irlandais avait gagné ses gallons au fil des siècles et des batailles. Torin s'était fait un nom en agissant comme un seigneur, l'autre avait sali son nom en agissant comme un enfant. Il écoutait Fitzroy répondre au moindre de ses mots, exhibant le sang qui maculait le tissu de sa chemise naïvement, pensant probablement être plus important, plus imposant ainsi. Et en même temps, ses mots montrait qu'il écoutait attentivement son aîné, relevait la moindre expression, assidu et docile. Il empruntait les chemins que la carotte devant son nez lui faisait prendre, sans chercher à penser autrement, à poser son regard au delà de ses œillères. L'anglais était un âne, pire, une mule. Et Torin éprouvait un réel plaisir à jouer les paysans avec celui-là.

Lorsqu'il s'était tu, il avait eut le loisir d'observer Earl Fostern et avait noté avec un sourire les hésitations dissimulées derrière un sourire bienheureux. Certes l'anglais avait tiré plus de satisfaction de sa remarque qu'il s'y était attendu - il s'était moqué, tout être normalement constitué, doté d'au moins un demi neurone s'en serait rendu compte, même Faolàn ! - mais le silence avant qu'il prenne la parole dura un peu trop longtemps pour qu'il soit naturel. Et sa façon de prononcer le nom le plus mal possible arracha un souffle amusé – pour un rire, il aurait fallu bien plus – à Torin. La prononciation n'était pas très éloignée de la prononciation anglaise, ça n'avait rien de compliqué. Fitzroy marqua un temps, comme un orateur qui s'assure que son public est bien pendu à ses lèvres et Torin attendit, patient. Il avait toute la nuit après tout, et peut être même quelques minutes de plus que l'autre, qui fuirait très certainement aux premières lueurs de l'aube. Non seulement l'âge rendait l'approche de l'aurore un peu moins douloureuse, mais en plus il n'en avait pas peur, alors que l'autre fuirait certainement comme un rat – qu'il était, cela va de soit. Il écouta donc le vampire, lui offrit un sourire qui se voulait chaleureux, décidant de ne pas l'interrompre. Il attendrait qu'il ait fini son cirque, il attendrait que le spectacle s'achève, savourant le bouquet final comme on boit un grand whisky. Les intonations du vampire ne trompaient pas, et il cachait extrêmement mal sa colère, même s'il n'agissait pas. La peur certainement. A moins que ce soit l'assurance dont sont toujours dotés les simples d'esprits, inconscients de leur faiblesse. Il ne se rendait peut être pas compte que ses babillages le montraient encore plus ridicule qu'il ne l'était déjà. Il pouvait rouler des mécaniques en ôtant sa chemise ( gay ? Les derniers siècles avaient fait de ceux-là des martyrs puis des héros, si bien qu'il y en avait de plus en plus, et que les vampires se sentaient généralement obligés d'aimer les deux sexes pour montrer leur dégénérescence), il n'impressionnait personne et même s'il était un loup, ce qui n'était pas sûr, il serait probablement une bête décharnée et soumise, moins qu'un bêta. Un loup ordinaire, un chien, et pas de sa trempe à lui.

« Sans le Liechtenstein, notre Monarque ne se serait probablement pas assis sur le trône qu'il occupe si facilement. Et mes relations avec Lord Stanford font que je n'ai pas besoin d'une place au sein du conseil. Vous connaissez Christopher je présume ? A moins que vous ne soyez pas au niveau... »

Il ne déguisait pas ses piques en remarques anodines mais peu importe. Il ne servait à rien de prendre des gants avec Fitzroy quand il marchait mieux que personne. Au moins quelque chose qu'il faisait avec brio, tiens.

« Je suis venu ici pour affaire personnelle. Vous pourriez voir ça comme la surveillance de certains investissements ou simplement la curiosité à l'égard de certains vieux parents et disciples. Mais vu la rancœur que vous semblez avoir à l'égard des irlandais et de l'Irlande, il est possible que vous connaissiez l'un d'entre eux. A moins que je sois si détestable seul, même sans le soutien de Faolàn ? »

Il sourit de nouveau. C'était plus que d'ordinaire, mais il se devait de montrer quelques sentiments, mêmes s'ils étaient faux. Si Faolàn s'était fait connaître du vampire, les choses pourraient être plus intéressantes, et l'ancien bâtard pourrait en profiter pour asséner une ou deux menace et un bref avertissement. Malgré la chasse, Faolàn était toujours en vie, et il aurait été assez déplaisant de le voir mourir sous les crocs de ce Dracula de pacotille.

« Malheureusement, je dois avouer que l'humanité manque parfois dans mon 'petit coin de pays libre'. Probablement à cause de votre bien aimé Cromwell. Vous n'imaginez pas à quel point j'aurais aimé être à l'origine de sa mort. S'il était né de mon vivant et que nous nous étions rencontrés alors, j'aurais sans doute pu lui montrer ce que la liberté est pour un irlandais. Na Béarla go dúr.* »

Un vague sentiment de nostalgie s'empara de lui sans qu'il cherche à le dissimuler. L'histoire le rendait toujours un peu songeur et de toute façon, Holmes aurait sans doute suffisamment de quoi penser avec l'indice sur son âge pour s'intéresser à ses souvenirs.

« Mais le fait est simplement que nous avons de quoi payer les humains nous. Et pas besoin de prouver quoi que ce soit. If you're lucky enough to be irish, you're lucky enough. Pas besoin de vous expliquer ce genre de chose, un expatrié comprend généralement peu de choses au patriotisme. »

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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Jeu 4 Fév - 14:19

What a insufferable bastard ! Fiztroy avait la forte impression qu’il perdrait tous ses moyens avant la fin de cette discussion loin d’être amicale. Il fréquentait peu de gens capables de lui faire perdre son sang-froid; son entourage se composait exclusivement de gens courtois envers lui ou de rangs inférieurs, ce qui les empêchait d’être désagréables. Il y avait bien quelques personnes qui avaient la capacité de perturber sa confiance, mais leur rang social empêchait normalement le lord de riposter. Cet étranger par contre arrivait à lui saper son moral, à anéantir toutes ses tentatives de supériorité et l’Anglais ne trouvait pas de façon efficace de sortir gagnant de cette altercation. Même s’ils en venaient aux mains, Fitzroy savait pour sûr que son interlocuteur plus âgé le mettrait au tapis. Mieux valait éviter de se ridiculiser d’avantage. Le vampire n’avait par contre pas l’intention de se laisser abattre par l’attitude de l’Irlandais et le ton presque courtois du cadet se changea en moquerie évidente. Peu importe s’il n’était pas impressionné, Fitzroy ne lui rendrait pas son séjour plus facile. Ah, il trouverait un moyen d’être insupportable, comme un enfant trop gâté privé de ses jouets. C’est ce qu’il était présentement à vrai dire : un vampire gavé de sang humain qui n’avait plus d’esclaves pour jouer. Comme un milliardaire qui se retrouve fauché et divorcé, il n’avait plus que sa demeure luxueuse et la solitude. Le pire ? Les milliardaires déchus avaient au moins l’occasion d’aller noyer leur peine dans le bar le plus près sans le moindre effort; un vampire devait chasser son junkie pour échapper à sa réalité…Quelle tristesse.

Tout en discutant, Fitzroy prit le temps de retirer son trench-coat pour se débarrasser de sa chemise tachée. Montrer l’étendue des dégâts était une chose mais le simple fait de porter un vêtement souillé était de trop pour le moment. Il aurait d’ailleurs été plus confortable avec un verre, des vêtements propres, dans sa salle de séjour entouré de jeunes esclaves. Discuter avec l’Irlandais aurait été plus supportable dans le luxe de son manoir, quoique qu’il ne laisserait jamais entrer ce genre d’individus chez lui. Sur le porche peut-être, mais il aurait demandé à deux esclaves de l’accompagner et se serait installé un de ses fauteuils Louis XVI près de la porte. Encore lui aurait-il fallu des esclaves…Le jeune lord dissimula ses réflexions derrière un sourire d’adolescent insolent, abordant cette fois le sujet de sa chemise qu’il n’avait aucune intention de porter une autre fois. De toute façon, il avait déjà dû la porter deux ou trois fois avant aujourd’hui, elle avait fait son temps.


« Sans le Liechtenstein, notre Monarque ne se serait probablement pas assis sur le trône qu'il occupe si facilement. Et mes relations avec Lord Stanford font que je n'ai pas besoin d'une place au sein du conseil. Vous connaissez Christopher je présume ? A moins que vous ne soyez pas au niveau... »

Christopher…Ah, quel frimeur. Bien sûr qu’il connaissait Lord Stanford…Bon, pas au point de prendre le thé avec lui, mais il l’avait vu face à face, c’était déjà ça. Ses tentatives pour approcher le Conseil fonctionnaient mieux avec d’autres. Le représentant Anglais était trop distant, trop froid pour se laisser séduire par l’extravagant lord. Ses méthodes étaient plus efficaces auprès de la gente féminine de toute façon; pour se hisser au niveau du Conseil, il prévoyait commencer par les jeunes ladies étrangères, même si l’on racontait que la cruauté de l’ambassadrice chinoise n’avait d’égal que sa beauté exotique. Mais pour côtoyer un membre du Conseil, Fitzroy était bien prêt à ramper s’il le fallait, la fierté et l’estime étaient inutiles avec un entourage aussi imposant.

« Je suis venu ici pour affaire personnelle. Vous pourriez voir ça comme la surveillance de certains investissements ou simplement la curiosité à l'égard de certains vieux parents et disciples. Mais vu la rancœur que vous semblez avoir à l'égard des irlandais et de l'Irlande, il est possible que vous connaissiez l'un d'entre eux. A moins que je sois si détestable seul, même sans le soutien de Faolàn ? »

D’autres Irlandais à Paris, avec des noms d’Irlandais, des têtes d’Irlandais et tout le toutim. Le dégoût se fit soudain bien apparent sur le visage du lord Anglais. Il souhaitait sans grand espoir de réalisation que celui qu’il considérait définitivement comme un rival ramène chez lui ses confrères et ne les laissent plus traîner dans un rayon de…quelques milliers de kilomètres autour de lui.

« Malheureusement, je dois avouer que l'humanité manque parfois dans mon 'petit coin de pays libre'. Probablement à cause de votre bien aimé Cromwell. Vous n'imaginez pas à quel point j'aurais aimé être à l'origine de sa mort. S'il était né de mon vivant et que nous nous étions rencontrés alors, j'aurais sans doute pu lui montrer ce que la liberté est pour un irlandais. Na Béarla go dúr. »

Fitzroy se crispa violemment et malgré ses efforts, laissa échapper un grognement. Celui d’un animal furieux, d’un mâle alpha qui défend ses semblables et son territoire, mais surtout le grognement d’un enfant offusqué de ne pas comprendre. Son regard d’ébène ne quittait plus Torin et il y faisait passer soudainement bien plus qu’un simple ressentiment général envers les Irlandais : le lord déclarait les hostilités.

« Mais le fait est simplement que nous avons de quoi payer les humains nous. Et pas besoin de prouver quoi que ce soit. If you're lucky enough to be irish, you're lucky enough. Pas besoin de vous expliquer ce genre de chose, un expatrié comprend généralement peu de choses au patriotisme. »

Trop, c’en était trop. Le vampire laissa tomber sur le sol sa chemise tachée et remit lentement son trench-coat pour cacher les blessures de son dernier repas, sans quitter son adversaire des yeux. Si le massacre d’une famille le mettait de bonne humeur, la rencontre avec un individu particulièrement désagréable annulait entièrement l’effet de la précédente partie de plaisir. Il ramènerait définitivement un humain chez lui avant l’aube, sans quoi il n’arriverait jamais à dormir.

« You bloody prick…How dare you… », souffla-t-il, cherchant ses mots pour éviter de tomber dans un flot d’insultes d’une vulgarité considérable. « Vous êtes effectivement un être méprisable à vous seul, je n’ai pas eu le malheur de tomber sur d’autres individus de votre espèce. Vous seriez sans doute plus supportable si vous évitiez d’insulter ma patrie à chaque fois que vous ouvrez la bouche. Aux dernière nouvelles, ma rancœur envers l’Irlande ne visait personne en particulier mis à part vous, quoique présentement, je suis enclin à dire que chacun des micks de votre minable pays devraient être mis à mort et que définitivement, les chaînes au pied de mon lit pourraient accueillir quelques-uns de vos humains libres pour me satisfaire lors des mauvais jours…Je ne voudrais pas abîmer mes précieux humains, autant maltraiter ceux qui ne valent rien. »

Fitzroy prit une grande inspiration, réajustant calmement son trench-coat sur ses épaules. Voilà, c’était dit. Étrangement, le fait d’abandonner sa fausse bienséance pour insulter sans détour son interlocuteur était libérateur. Comme se débarrasser de sa chemise tachée ou avouer après plusieurs semaines que l’inestimable console de jeux portée disparue est quelque part en morceaux dans un dépotoir.

« Je n’ai pas terminé d’ailleurs. Pourquoi payer des humains alors qu’ils peuvent être asservis ? Pourquoi leur offrir de l’argent qu’ils ne méritent pas ? Paieriez-vous un bœuf pour sa viande ou un enfant parce qu’il obéit ? L’enfant ne fait que ce qu’il doit faire et c’est à l’éleveur du bœuf que l’on donne un paiement. Les humains doivent obéir parce que c’est leur rôle et c’est aux marchands d’esclaves de la réserve que revient l’argent. Payer des humains sans espérer qu’ils rampent à vos pieds, I call that ‘wasting money’. Anyway, live and let live they say, si vous voulez jeter de l’argent par les fenêtres, allez-y. »

Le lord garda le silence un instant avant d’adresser un bref sourire à l’Irlandais. Il étendit à la hauteur de son visage sa main droite pour jeter un coup d’œil à ses ongles tachés de sang. Décidément, un long bain chaud s’imposait avant d’aller dormir, avec une jolie fille de préférence, parce que les moments de détente étaient d’autant plus relaxants avec la présence d’une délicate demoiselle.

« Vous disiez donc...parents et disciples, huh ? Vous avez des proches qui ont préférés se rendre là où la plupart des évènements intéressants ont lieu ? »

Le vampire afficha un nouveau sourire, de nouveau à l’aise, en parfait contrôle de son tempérament explosif. Viola avait souvent affirmé que crier sans but évacuait la pression, crier sur quelqu’un devait avoir le même effet.

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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Ven 19 Fév - 0:47

C'était souvent quand les conversations commençaient par un simple échange, en apparence des plus anodins, qu'elles devenaient réellement intéressantes. Une attaque directe ne servait à rien. Au pire, vous passiez pour un faible, un provocateur sans cervelle. Un abruti. Ce qu'il fallait, c'était doser. Glisser les remarques en douceur, sans but. Torin en était maintenant certain. Moins les réflexions le visaient, plus Earl Fostern se vexait, montrant que finalement, il avait lui aussi son pays dans le sang. Enfin, il avait quand même fallu une bonne dose de chance pour tomber sur un Anglais si susceptible en chassant au hasard. Un inférieur qui plus est. Parce que quoi que l'anglais fasse, Torin restait hors d'atteinte, que ce soit par son âge ou par son rang. Certes il n'était pas un membre très important du cercle très restreint des bouffons de la communauté vampirique, il ne tournait pas autour du Monarque comme une mouche avec un steak, mais il avait ses Terres, ses humains, ses vampires, ses relations et son pouvoir. C'était plus que ce que pourrait avoir ce Fitz au court de son éternité, il en était presque certain. Un tel enfant ne pouvait tenir de rôle important. Bien sûr, il pouvait amuser quelques grands, s'approcher du ceux qui avaient le pouvoir, mais les têtes pensantes tournaient, et leurs jouets les suivaient le plus souvent dans l'ombre.

Quoi qu'il en soit, la discussion prenait un tour favorable pour Torin – n'était-ce pas toujours le cas ? - et ce malgré les insultes à son pays. Il n'avait de toute façon pas besoin de l'avis d'un Anglais reconverti pour savoir que l'Irlande était le plus beau pays du monde. Peu de monde à cause des différents massacres, principalement à cause des anglais d'ailleurs, mais des paysages qui ne trouvaient aucun égal, sauf peut être dans les plus vieilles civilisations. L'Irlande valait son poids en or, diamants et tout ce qu'il y avait de plus précieux. L'Irlande était... grandiose, point. Il n'y avait aucun doute à avoir là dessus, et les réflexions du petit Lord Nerveux ne montraient que son incapacité à combattre.

Au fur et à mesure qu'il parlait, répondant à Earl Fostern – parce qu'il avait la décence de le nommer courtoisement même dans ses pensées lui au moins – en tentant de garder tout son sérieux et son aplomb, il observait avec plaisir les changements d'expressions du vampire en face de lui, notant la colère qui grondait de plus en plus, sans qu'il parvienne réellement à la retenir. Il sentait le regard de l'anglais sur lui, intense et furieux, et le retint sans sourciller. Quoi qu'il arrive, il avait l'avantage. Malgré ses enfantillages, il ne doutait pas que le Lord soit bien éduqué et ait au moins un minimum de respect pour ses aînés vampiriques. S'il devenait trop insolent, trop gênant, il suffirait certainement que Torin fasse une allusion à son âge ou gronde d'une manière qui n'appelait aucune réponse. Si Earl Fostern était réellement un noble, ou s'il avait une once de jugeote, il s'aplatirait devant lui comme un bon chiot.

En attendant, sa colère était délicieuse et l'Irlandais en rajouta une couche pour voir son 'adversaire' perdre toute retenue, malgré un calme apparent. Vu la colère qu'il avait montré avant, ses gestes n'avaient rien de naturel et il ne tarderait pas à exploser. Ça n'était qu'une question de temps.


« You bloody prick... How dare you ? »

Torin rit, sans même chercher à dissimuler son amusement. L'anglais bouillait de rage, retenait ses insultes comme il le pouvait, et il était évident qu'un peu plus, juste un ou deux détails le ferait craquer. Il suffisait d'un mot bien placé, et il gronderait, prêt à mordre. Ses mots ne parvenaient même pas à entamer la bonne humeur d'un Torin qui lui offrit un sourire détendu pendant que l'autre se lançait dans un monologue furieux, mais toujours courtois. Un peu. Il méprisait sans grossièreté superflue, incapable de provoquer suffisamment son adversaire pour que celui-ci perde le contrôle et ne provoque l'affrontement. Torin ne se battrait pas comme un chien galeux, ça n'était pas son genre. Un égo trop important pour s'abaisser à ce genre de combat de rue. Et même si l'allusion aux esclaves manqua de le faire réagir, réveillant en lui des souvenirs vieux de plusieurs siècles, la réflexion suivante calma sa colère. Les visages connus qu'il avait imaginés, en larmes, enchainés au pied du lit du jeune lord s'estompaient quand les mots se faisaient plus capricieux. Il se vengeait, rien de plus. Et s'il tentait quoi que ce soit, si jamais il touchait à un seul cheveu des siens, que ce soit Faolàn, Liadan ou un autre qu'il martyriserait juste pour se venger de l'Irlandais qui l'avait rabaissé, il commencerait à avoir peur et à s'endormir avec une veilleuse dans son cercueil. Si l'Irlandais apprenait qu'il avait blessé un des siens, il en ferait une affaire personnelle et l'écraserait, le détruirait lentement et avec toute la cruauté dont il était capable. Mais il avait réussi à l'apaiser, inconsciemment, avec sa remarque idiote. Bien surs que les humains de l'anglais étaient mieux. Cela ne faisait aucun doute. Tout le monde sait que le meilleur moyen de contenter un enfant qui déclare que son jouet est le meilleur et que tous les autres ne valent rien et d'être d'accord, simplement. Sinon, on écopait d'un caprice, de cris, de larmes, et quand l'enfant était vraiment mal éduqué, il se roulait par terre. En plein Paris, ça n'avait aucun sens.

« Je n'ai pas terminé d'ailleurs. »

Encore une fois, le vampire rit doucement. Quelle était l'utilité d'une telle phrase ? S'il avait des choses à dire, qu'il s'exprime. Mais avait-il vraiment besoin de prévenir de la sorte ? Il voulait vider son sac, se décharger de sa colère. Mais la meilleure chose à faire dans sa situation était au moins de ne pas montrer que l'on était touché. Si l'on voulait avoir une chance de vaincre, il fallait se relever seul, et pas demander à l'ennemi de vous accorder un peu plus de temps pour s'exprimer. Amusé par les attitudes du vampire, Torin ne cessa de sourire, franchement détendu et pas hostile malgré les reproches et les insultes qui fusaient. Il avait confiance en lui, confiance en son pays, confiance en ses proches. Et l'échange avec Earl Fostern lui plaisait probablement autant qu'il irritait l'Anglais. Il se retint de lui dire de prendre son temps, qu'il n'était pas pressé, juste pour pouvoir entendre ce qu'il avait encore à dire. Et il s'expliqua. Avouant ne rien comprendre – ce qui n'était pas si surprenant – et critiquant, encore. Le fait de payer quelqu'un d'autre et de le traiter comme égal lui semblait visiblement des plus étranges, et Torin ne s'aventura pas vraiment sur ce terrain. Qu'est ce qu'il pouvait bien lui dire ? Que les humains n'étaient pas des animaux ? Qu'il ne se nourrissait pas aux dépends de ses protégés ? Holmes n'y aurait rien compris, une fois de plus. Il aurait pris cela pour une preuve ne faiblesse, n'ayant probablement aucune notion de responsabilité, ne se souciant certainement pas du bien être d'autrui. Mais que pouvait-on attendre d'un homme qui avait des chaines accrochées à son lit ? Pas grand chose de rationnel, c'était certain.

Le sourire gagna finalement les lèvres de l'Anglais qui inspecta sa main, sans que Torin cherche à savoir pourquoi. Les attitudes de l'individu n'avaient rien de vraiment logiques pour le Seigneur qui vivait en suivant de très nombreuses règles assez strictes. S'il avait eu une meilleure éducation, peut être que le jeune lord saurait lui aussi ce qui compte réellement ou non, mais en attendant, il semblait plus intéressé par son physique, à la manière d'une midinette, qu'autre chose.


« Vous disiez donc...parents et disciples, huh ? Vous avez des proches qui ont préférés se rendre là où la plupart des évènements intéressants ont lieu ? »

Pas de rire ni même de sourire cette fois. Torin marqua un temps d'arrêt, son regard sombre toujours posé sur Holmes, le temps de comprendre à quoi il faisait allusion. Faolàn et Liadan. Mh. Quand on savait que le premier n'avait pas eu d'autre choix et que la seconde s'était installée là avant même que le Monarque ne fasse parler de lui, forcément, il était difficile de voir les choses ainsi. Et même s'ils avaient voulu venir voir le manoir et tout le reste de plus prêt, en quoi cette phrase était-elle vexante ? Parce qu'elle sous entendait qu'il ne se passait rien en Irlande ? Torin n'allait tout de même pas s'excuser de protéger ses Terres et d'éviter que les ennuis s'y invitent. Il faisait en sorte que le calme règne, que les enfants puissent sortir le soir. Si l'idée de voir des enfant jouer dans l'obscurité n'inspirait pas l'Anglais, il pouvait voir ça autrement : Torin protégeait son troupeau. Si une brebis voulais s'approcher du loup, c'était son affaire, mais ça n'était pas vraiment une preuve d'intelligence. Enfin bon. Une fois certain qu'Earl Fostern avait fini, puisqu'il n'avait pas précisé qu'il avait encore des choses à dire, Torin se décida à prendre la parole.

« Vous êtes un enfant. »

Un regard désintéressé tandis qu'il laissait un court silence s'installer. Il n'avait rien trouvé d'autre à dire, là, et cette phrase lui avait simplement échappé, et elle résumait tout ce qu'il pensait. Enfin, il ne pouvait malheureusement pas se contenter de cela et il rajouta, l'air las.

« Je les paye parce qu'ils me rendent un service, et qu'avec l'argent que je leur donne, ils me servent mieux. Je ne suis pas Seigneur par cruauté ou noble par procuration, parce que ma gueuse de mère s'est allongé dans le lit d'un notable. Je le suis parce que j'en ai les moyens, l'intelligence et l'expérience. Parce que je respecte la vie et ce qui m'appartient. Et mes hommes, humains ou vampires, me respectent. Vos esclaves vous traitent certainement d'idiot dès que vous avez le dos tourné, et ils ont bien raison. Earl Fitzroy Fostern Holmes, avec tout le respect que je ne vous dois pas, vous êtes un abruti de première classe. »

Bon, c'était peut être un peu simple et trop direct, mais c'était franc et suffisamment clair pour que Holmes comprenne que c'était une moquerie, cette fois. Jouant avec les clés qu'il avait prises à sa proie, il reprit la parole, conscient que son adversaire attendrait qu'il n'ait plus rien à dire pour parler. Il devait profiter de ce temps pour lui montrer à quel point il était faible.

« Ma disciple est là depuis des siècles. Elle s'est installée ici pour la révolution. Liadan a une fâcheuse tendance à suivre les guerres, un goût du sang et du carnage que je n'ai jamais réussi à lui faire passer, la douceur n'est pas franchement sa plus grande qualité. Quant à mon... »

A son quoi ? Fils, neveu, filleul, son élève, son protégé, son pire cauchemar ?

« Quant à mon humain, je l'ai moi même envoyé à Paris pour qu'il me laisse tranquille. Et puis il chasse, alors je me doute que Paris doit être plus amusant pour lui. Je préfère qu'il tue vos amis plutôt que les miens. »

Il sourit une nouvelle fois, toujours un peu las. Il était drôle, mais il l'ennuyait. Et il l'avait vexé, ce qui était des plus désagréable.

« Oh, juste un détail, avant que je l'oublie. J'ai tendance à être assez irritable quand on touche aux miens. Peut être à force de devoir repousser les invasions successives. Ma Terre est si morte et si inintéressante que les vôtres ont passé des siècles à vouloir s'en emparer. Quoi qu'il en soit, Osez lever la main sur un des miens, les blesser, les malmener, et je me ferais une joie de jouer un peu avec vous et de vous faire tester chaines, pal, feu, argent et toutes sortes de jouets dont vous ne soupçonnez même pas l'existence. Je suis parfois un peu susceptible, et ça fait longtemps que je n'ai pas pris part à un massacre. »

Le sourire se fit plus franc, plus naturelle. Quelles que soient les menaces, Torin restait courtois et agréable. La vengeance n'était pas une tare, il n'y avait pas de quoi en parler sur le ton de la confidence.

« Si jamais l'envie de vous instruire vous prenait, recherchez ce qui se rapporte à Cu Chulainn. C'est un personnage fascinant et il paraît que je lui ressemble. Mes humains sont à moi et à moi seul. Vous y touchez, je vous arrache la tête et personne n'y trouvera à redire, vous le savez. Je vous suis supérieur, je suis votre aînée et abimer ce qui appartient à autrui est une très vilaine chose. »
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Fitzroy F. Holmes
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MessageSujet: Re: Les petits vices font les grands plaisirs [Libre]   Sam 20 Fév - 1:06

Dire ce qu’il avait sur le cœur –ou ce qu’il en restait du moins- avait réussi à le calmer. Il se sentait plus détendu, en contrôle de la situation. Son moral était presque revenu au neutre. Un instant plus tôt, il avait eu envie de taper du pied, crier et tout ce qui constituait une crise de nerfs. Il voulait démembrer l’Irlandais et planter sa tête sur une pique à l’entrée de sa propriété, pour servir d’exemples aux gêneurs des alentours qui oseraient s’en prendre à lui. Et pourtant, le jeune lord avait pleinement conscience que toutes ses envies étaient irrationnelles et loin d’être réalisables. Il ne s’attaquerait jamais lui-même à quelqu’un qui avait la possibilité de le détruire, Fitzroy avait la mentalité des tyrans de cours d’école : toujours s’attaquer aux plus faibles.

« Vous êtes un enfant. »

Un enfant ? Il n’y avait qu’une seule personne qui pouvait le traiter d’enfant. Un seul homme entre des milliers et il était aujourd’hui réduit en cendres. Personne n’avait osé lui dire sincèrement qu’il agissait comme un gamin mis à part Lui. Son sire. Il n’y avait que Ludowick, son père et son amant, qui avait la permission, le droit ultime, de l’insulter sans représailles –ou presque.

« Je les paye parce qu'ils me rendent un service, et qu'avec l'argent que je leur donne, ils me servent mieux. Je ne suis pas Seigneur par cruauté ou noble par procuration, parce que ma gueuse de mère s'est allongée dans le lit d'un notable. Je le suis parce que j'en ai les moyens, l'intelligence et l'expérience. Parce que je respecte la vie et ce qui m'appartient. Et mes hommes, humains ou vampires, me respectent. Vos esclaves vous traitent certainement d'idiot dès que vous avez le dos tourné, et ils ont bien raison. Earl Fitzroy Fostern Holmes, avec tout le respect que je ne vous dois pas, vous êtes un abruti de première classe. »

Décidément, cette histoire de payer les humains n’avait aucun sens, même après les brèves explications de Torin. Payer pour de meilleurs services ? Ses esclaves le servaient merveilleusement sans aucune paye; ils avaient un toit, de la nourriture, des vêtements, des soins et de la compagnie, quoi demander de mieux ? Autrement, le Lord Anglais espérait que le terme ‘gueuse de mère’ ne désignait pas la sienne, parce que c’était particulièrement insultant. De toute façon, si l’insulte visait sa mère, c’était un échec : sa mère était une femme respectable et il en avait toujours eu la certitude. Sa seule faute avait été d’épouser son beau-frère à la mort de son mari. L’esprit de Fitzroy passa en revue ce que venait de dire son interlocuteur pour bien saisir l’étendue des insultes. On le traitait présentement d’enfant, d’idiot et d’abruti, sans détour, et il avait définitivement du mal à trouver la meilleure façon de réagir. De toute évidence, l’étranger semblait prendre plaisir à le voir s’enrager, faire une crise était donc hors de question. Il allait se contenter d’écouter, juste écouter jusqu’à ce que les mots lui viennent.

« Ma disciple est là depuis des siècles. Elle s'est installée ici pour la révolution. Liadan a une fâcheuse tendance à suivre les guerres, un goût du sang et du carnage que je n'ai jamais réussi à lui faire passer, la douceur n'est pas franchement sa plus grande qualité. Quant à mon...Quant à mon humain, je l'ai moi même envoyé à Paris pour qu'il me laisse tranquille. Et puis il chasse, alors je me doute que Paris doit être plus amusant pour lui. Je préfère qu'il tue vos amis plutôt que les miens. »

Une vampire avec un goût prononcé pour le carnage et un chasseur ? Entourage intéressant. À vrai dire, le chasseur lui importait peu mais la ‘disciple’ en question était nettement plus attirante. Mieux encore que les chatons dociles : les tigresses farouches. Qu’on lui offre ce qu’il désire sur un plateau d’or (parce que l’argent était évidemment à éviter) devenait parfois lassant, le vampire trouvait alors quelque chose dont il avait envie et qui ne se laisserait pas facilement avoir.

« Oh, juste un détail, avant que je l'oublie. J'ai tendance à être assez irritable quand on touche aux miens. Peut être à force de devoir repousser les invasions successives. Ma Terre est si morte et si inintéressante que les vôtres ont passé des siècles à vouloir s'en emparer. Quoi qu'il en soit, Osez lever la main sur un des miens, les blesser, les malmener, et je me ferais une joie de jouer un peu avec vous et de vous faire tester chaines, pal, feu, argent et toutes sortes de jouets dont vous ne soupçonnez même pas l'existence. Je suis parfois un peu susceptible, et ça fait longtemps que je n'ai pas pris part à un massacre. »

Torin afficha alors un sourire plus franc et Fitzroy hésita un moment avant de sourire à son tour. Rien de sincère, rien d’aimable. Un sourire malicieux qui retenait un rire moqueur. Parce que si menacer sa vie était habituellement assez pour lui faire perdre son calme, la façon dont l’Irlandais formulait son avertissement venait de tout changer. L’Anglais avait en tête une nouvelle stratégie pour se débarrasser du gêneur sans s’avouer vaincu. Si l’intimidation et le mépris ne fonctionnaient pas avec ce lord étranger, peut-être que tout le contraire le convaincrait de partir.

« Si jamais l'envie de vous instruire vous prenait, recherchez ce qui se rapporte à Cu Chulainn. C'est un personnage fascinant et il paraît que je lui ressemble. Mes humains sont à moi et à moi seul. Vous y touchez, je vous arrache la tête et personne n'y trouvera à redire, vous le savez. Je vous suis supérieur, je suis votre aînée et abimer ce qui appartient à autrui est une très vilaine chose. »

C’en était trop. Trop pour rester sérieux ! Une très vilaine chose ? Ajouté à la menace de le torturer avec des ‘jouets’ dont il ignorait même l’existence, c’était absolument hilarant. Fitzroy aurait dû être vexé, il avait la conviction qu’il devait continuer d’être enragé contre l’Irlandais, mais il n’y avait rien à faire. Il tenta de dissimuler son rire en mordant sa lèvre inférieure, puis en se détournant de son interlocuteur pour éviter de lui faire face. Un instant plus tard, il éclata finalement de rire, faisant de son mieux pour ne pas attirer l’attention. Lorsqu’enfin il réussit à se calmer, le vampire s’adossa contre le mur de l’immeuble près de lui et adressa un sourire amusé à Torin.

« Chaînes, pal, feu, argent et autres, Lord O’Loingsigh ? Au premier regard on ne devinerait jamais que vous avez de tels fétiches…Vous m’êtes supérieur, en effet, et avec tout le respect que je vous dois, il n’y aucune chance que je vous prenne au sérieux maintenant. »

Le jeune vampire prit un moment avant de s’approcher de son aîné, dépassant même la distance respectable établie.

« Votre menace sonnait presque comme une invitation alléchante, je suis toujours partant pour jouer…Et je parle par expérience, la haine dans la chambre à coucher est plus passionnelle encore que l’amour. »

Fitzroy se détourna du lord pour retrouver une place plus convenable, quelques pas plus loin. Il dissimulait toujours derrière son sourire carnassier une forte envie d’éclater de rire. Il n’y avait rien de plus amusant que de jouer la carte de la séduction déplacée. Il aimait la jouer avec les chasseurs, avec les rebelles, avec les gens qui lui tenaient tête et résistaient à toute tentative d’intimidation. Lorsque les insultes ne jouaient pas en sa faveur, il lui restait toujours de quoi se divertir.

« Ne vous inquiétez pas, je n’ai franchement aucune envie de m’approcher d’un chasseur, qu’il soit sous votre protection ou pas. En matière d’humains résistants, je préfère les rebelles. Moins de structure, plus jeunes et écervelés. Quoiqu’il paraît que les chasseurs entraînent de jeunes humains de la résistance pour en faire de vrais combattants, ce serait toujours une option…Par contre, si vous m’interdisez d’approcher votre disciple, je serai dans l’obligation de vous désobéir, la description que vous donnez d’elle la rend particulièrement intéressante à mes yeux. »

Il s’adossa de nouveau au mur avant de continuer sur sa lancée.

« Je n’abandonne par contre pas l’idée d’avoir des esclaves d’Irlande. Ils ne vous appartiennent pas tous ? Si ? En emprunter un ou deux ne fera de mal à personne, je traite mes esclaves avec le plus grand soin. Esclave n’est même pas un terme qui s’applique à leur condition considérant qu’ils me tiennent compagnie plus qu’ils ne travaillent. Ils ont tout ce dont ils désirent. Étant donné que vous préférez donner de l’argent à vos humains, c’est quelque chose qui vous échappe. Au lieu de leur donner quelques pièces pour qu’ils survivent on their own, je leur offre tout ce qui leur fait envie, bien plus que ce qu’ils pourraient faire avec un peu d’argent. Ils ont accès à des choses que de simples citoyens ne verront probablement jamais de leurs propres yeux parce qu’ils vivent chez moi, dans ma demeure luxueuse. »

Fitzroy fit alors une pause, replaçant distraitement vers l’arrière une mèche de cheveux dérangeante qui menaçait de lui tomber dans un œil. Il n’avait aucun doute sur la générosité de son geste lorsqu’il achetait des esclaves. Ces jeunes humains étaient maltraités à la réserve, tombaient sur des maîtres fou furieux qui se procuraient des esclaves pour se défouler et les jetaient dès qu’ils en avaient assez et la majorité n’avait même pas droit à des soins de base. Lorsqu’il ramenait chez lui l’une de ces pauvres créatures, elle avait droit à des heures de détente dans une salle de bain magnifique, des vêtements propres de haute qualité, de la nourriture en abondance et un endroit somptueux pour dormir des heures. Ils donnaient à ses esclaves ce qu’il avait autrefois donné à Viola. En mieux. Parce qu’à l’époque, il n’avait pas encore de manoir, juste un appartement discret et une vie de famille bien remplie.

« Mais revenons-en à votre menace, voulez-vous, j’ai du temps devant moi et j’ai envie d’en entendre plus sur la façon dont vous comptez jouer avec moi si j’ose toucher à ce qui vous appartient…Les vilaines choses sont dans ma nature, My Lord, je risque de me laisser tenter… »

Aucune limite, aucune moralité, aucun tabou. Insupportable à souhait et insatiable. L’Anglais afficha un nouveau sourire amusé.

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