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 Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]

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Siriel Silver
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MessageSujet: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Mar 21 Juil - 19:19

C’était l’heure de la bête. Lorsque la faim le saisissait tout entier à la tombée du jour et le faisait errer dans les rues, à la recherche de victimes. Il voulait boire, sentir le sang épais dans sa gorge, synchroniser son cœur avec celui de l’autre, vivre à travers lui dans les souvenirs qu’il laissait passer puis, comme un cri de plaisir, le tuer pour voler sa vie en entier et s’en nourrir sans remords.

Le jeune vampire courait sur les pavés parisiens sans les regarder. Pâle et mince, il était presque invisible sous la lumière de la lune. Ses sens aiguisé cherchaient la voix chaude dans le brouhaha, celle qui l’attirerait et lui permettrait de choisir le bon dans la multitude. Il s’arrêta. La faim le consumait entièrement, réveillant des instincts qu’il refusait d’assumer. Chaque nuit était synonyme de beauté, de plaisir et de souffrance. Chaque nuit avait son lot de victime. Chaque nuit il emprisonnait Siriel dans son propre corps. Seulement pour quelques heures mais c’était la seule façon pour lui d’être libre.

Impuissant dans sa prison de chair, le jeune garçon observait son démon personnel ruminer ses idées de destruction et de malheur. Il le laissait regarder par ses yeux, entendre par ses oreilles, choisir le couple qu’il voulait détruire. Femme, homme, peut importait à la Bête. Elle n’était heureuse que lorsque le goût du sang stimulait leurs papilles. Et c’était à ce moment là qu’il devrait frapper. Reprendre le contrôle de son propre esprit, refouler le monstre et sauver l’humain. Lorsque les premières gorgées auraient assoupi la vigilance du Diable et redonné de la vie à son être fatigué.

Montmartre et ses ruelles restait un lieu fréquenté par tous. Les hommes continuaient à hanter ce lieu mystique malgré la présence d’un certain nombre de suceurs de sang et d’au moins autant de chasseurs. Ce devait être le danger qui excitait la bête et lui faisait préférer les escaliers aux rues larges du centre ville. Lui s’en fichait pas mal. Il avait aimé la butte, ses parcs, ses fleurs et son esprit bohème qui transpirait derrière la ruine et la misère mais maintenant qu’il était mort son seul but était de disparaître en faisant le moins de dégâts possible. Proie repérée. Un jeune blond aux yeux clairs, comme lui, attendant son aimée au coin d’un bar. Il avait un peu bu mais loin d’être saoul. La bête sourit froidement en voyant ce portrait de son hôte et l’attira vers elle. Ils ne se déplaçaient que rarement pour chasser, n’ayant pas la force de se défendre en cas d’attaque. Le blond sourit, pensant voir sa belle lui faisant signe et courut vers la mort, un sourire entendu aux lèvres. Ses pensées étaient presque perceptibles. Pour la première fois, ils passeraient la nuit ensemble. Il en avait presque hâte.

A peine s’il tressaillit lorsque deux canines mordirent sa chair. La Bête s’abîma dans le plaisir de la nourriture, oubliant comme toujours son emprise sur son hôte. Le moment était venu et Siriel attaqua de toute sa peine, tout son dégoût pour le démon et réussit à reprendre son emprise sur lui-même. Il repoussa l’humain de toutes ses forces malgré la faim qui le tenaillait toujours. Un peu hébété par sa morsure, l’être de chair et de sang tituba un peu avant de le regarder avec des yeux vides. Il était obligé de jouer le jeu de la Bête pour ne pas le perturber plus encore. L’humain ne se souviendrait de rien que d’un baiser torride, presque douloureux de plaisir. Restait à donner les même souvenirs à la fille, une petite adolescente brune qui ne devait pas avoir plus de dix-sept ans. La Bête s’agita en la voyant, suggérant qu’il était incapable de chasser sans son aide. C’était vrai et une fois encore il y eut combat, sang et victime. Les deux humains finirent tout de même bien vivants, dans les bras l’un de l’autre, à peine assommés par la perte de sang. Et Siriel, silencieux et redevenu enfin lui-même fit quelques pas en arrière pour retrouver les ombres. Sans se douter une seconde que quelqu’un l’y attendait.
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Kaitlenn Teagan
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Mer 26 Aoû - 21:27

Dans l’ombre, de la fumée s’échappait paresseusement de lèvres entrouvertes. Vestige de la cigarette écrasée aux pieds de l’irlandaise. A l’origine Kaitlenn n’était pas sortie pour chasser, il faut croire que son destin était entremêlé aux vampires. Chasser pour tuer, les compromis étaient pour elle inimaginables. Alors pourquoi attendre dans l’ombre n’est-ce pas ? Parce que ce vampire semblait particulièrement étrange. Il avait soif s’était évident, regardez le avancer hagard. Pourtant il n’avait tué personne ce soir. L’air perdu et décalé. Il lui évoqua vaguement le jeune novice de Faolàn.

Haïr chaque représentant de la race vampirique n’étouffe pas nécessairement la curiosité or ce vampire était particulièrement curieux. A l’origine Kaitlenn n’était pas sortie pour tuer. Parce que malgré tout tuer, même pour ses idéaux, est douloureux. Elle était sortie pour savourer sa liberté encore toute nouvelle. Etre son propre maître est quelque chose de précieux. Il y avait certes un motif plus terre à terre à cette promenade tardive : acheter des balles d’argent. Elles n’étaient pas forcément inutiles. Même si Kaitlenn préfère les armes blanches, le tir vous sort parfois de situations difficiles.
Le vampire la détournait donc pour un temps de son but premier. Elle était armée, il avait l’air affaiblit. Qu’avait-elle à craindre ? Que tout ceci ne soit qu’un manège ? Qu’il l’ait repérée et préféré aux autres ? Improbable, elle n’avait fait aucun bruit. Son parfum était probablement étouffé par les odeurs de la rue, mais sais-t-on jamais. C’est d’un vampire qu’il s’agit. Par précaution elle fit donc glisser une dague dans sa main droite. L’autre étant occupée par la croix démesurée qui alourdissait son poignet. Calme et silencieuse elle attendait l’autre. L’observait, le souffle régulier de celui qui n’a pas peur. Pas par prétention, parce qu’il ne semblait pas menaçant. Il faut savoir que certains vampires ne choisissent pas leur statut. Certains se maudissent même de leur état. Peut-être que celui-ci en fait partit, ça expliquerait qu’il ne tue pas. Est-ce une raison pour l’épargner ? Un jour il se prendra probablement au jeu des esclaves, de la mort et de cette foutue supériorité.

Ailleurs, il était ailleurs lorsqu’il fit son premier pas dans l’ombre. Kaitlenn agit immédiatement. Tendue comme un ressort. Elle le saisit au cou de sa main gauche, sa croix contre la peau du vampire, le maintenant contre le mur. Sa dague en position de défense. Cette attitude n’ouvrait certainement pas au dialogue et même si le vampire semblait affaiblit il était encore certainement plus puissant qu’elle. C’est pour cela qu’elle avait placé sa croix en argent entre sa paume et le cou du vampire. Déterminée, son attitude le clamait, cette femme n’était pas une simple parisienne égaré. L’irlandaise le détaillais sans gêne, aucune. L’ombre les enveloppait, dissimulant traits et expressions. Du moins pour Kate, lui avait certainement une vision plus affutée que celle d’un humain. Il pouvait alors remarquer l’étonnante neutralité de la femme qui le menaçait, la curiosité dans son regard ainsi que les marques répété de morsures sur sa peau. S’il avait la vision adapté. Si ça l’intéressait. L’important n’est pas là. L’important est la tournure que prenait cette soirée et l’amertume qu’elle déversait dans la gorge de la jeune femme. Elle n’était pas venue pour tuer, mais elle le ferait. Parce qu’il était tout ce qu’elle haïssait même s’il ne l’avait pas choisit. Maintenant le vampire contre la paroi elle se permit quelques secondes pour l’observer. Il avait l’air malade. Un comble pour un mort. Le sang qui s’était logé à la commissure de ses lèvres la dissuada de s’attendrir devant son air d’enfant perdu. Il n’était pas mieux qu’un autre. S’il n’avait pas tué cette fois rien de garantissait qu’il ne l’avait jamais fait.


« Simple curiosité. »

Sa voix était douce et posée. Sans l’ombre d’un doute, assurée. Si l’irlandaise perdait du temps en s’adressant à lui c’était en effet pour satisfaire sa curiosité. Entendre sa voix, également, complèterait l’image qu’elle garderait de lui. Elle reprit, toujours en douceur. Charmante jeune femme.

« Pourquoi ne pas l’avoir tué ? »

La croix reposait depuis trop longtemps sur la peau du vampire. On pouvait déjà sentir l’odeur de la peau brûlée s’imposer au parfum léger de la chasseuse. Un instant il est possible que l’irlandaise eu l’air désolée. Elle avait les mains tâchées de sang. Tuer, même pour ses idéaux, n’est pas chose aisé.

[je m'impose et c'est le cas de le dire ^^"]
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Jeu 3 Sep - 0:52

Rien de plus doux et de plus rassurant que les ténèbres. Ils vous entourent et vous permettent de disparaître sans un bruit. On associe souvent la lumière au bonheur, au bien, à la vie. Mais ce ne sont que des mirages. La lumière est violente. Elle brûle, elle expose les différences et blesse les yeux. On l’aime mais on la craint. Tandis que la nuit protège du mal. C’est la nuit que l’on guérit, que l’on se repose des terreurs diurnes. C’est la nuit que l’on rêve. Un rayon de lune la lui avait cachée. Cette lumière dissimulée derrière lui. D’elle, il n’eut que le temps d’entendre une respiration avant de rencontrer le mur. La main sur sa gorge, l’argent sur son torse. Et la douleur, familière et étrange qui brûlait sa poitrine.

Siriel cilla, posant ses yeux gris sur l’inconnue, toujours incapable de la voir vraiment. Il ne savait pas ce qui le blessait mais l’odeur de chair brûlée devenait difficilement supportable. Et pourtant, il ne disait rien. Ses bras pendaient le long de son corps, inutiles et flasques, sa respiration demeurait calme et les battements de son cœur inexistant auraient à peine accélérés. Le monstre voulait se battre, la bête voulait s’enfuir mais lui maintenait fermement l’emprise sur son existence. Il refusait la violence qu’il subissait autant que celle qu’il aurait pu faire subir. Il était meilleur que ça. Trop froid pour être brûlé ailleurs que dans sa chair. Et il la fixait. Silencieux. Immobile. Doux et serein. Comme si ce qui se passait était totalement normal.

L’humaine était neutre mais déterminée. La dague dans sa main droite répondait à la brûlure de la gauche. Elle avait des yeux d’océan lorsque l’on dit qu’il est mélancolique et une chevelure dont le feu faisait pâlir les étoiles. Sa peau avait été teinte par la voie lactée. Neutre donc mais avec la lueur de curiosité qui expliquait pourquoi elle ne m’avait pas tué tout de suite. Pourquoi elle ne me tuerait pas. Ils ne le font jamais. Et moins encore quand elle lui parla.

Sa voix était douce et posée, assurée. Sa question banale et sans intérêt. Siriel cilla puis leva ses prunelles d’argent sur la jeune fille. Il l’examina un moment, silencieux puis, comme une anguille, se dégagea de son étreinte. La disparition de la douleur faillit lui faire mal mais il s’efforça à ne pas réagir. Un pas sur le côté, dos au mur, pas besoin de s’éloigner avantage, il ne cherchait pas à s’enfuir. Simplement à avoir une conversation censée avec une ennemie.


« Je n’en ai pas besoin. Ils n’auront pas de traces. Je les aurais oublié. Ce qui sombre dans l’oubli existe-t-il réellement ? »

Il avait reprit son immobilité neutre habituelle. Laissant juste sortir sa voix, trop grave pour son corps d’enfant, trop posée pour son air innocent. Un homme dans un corps adolescent. Un cœur meurtrit dans une enveloppe morte. Voila ce qu’il était devenu. Il n’en voulait à personne. L’éternité avait toujours été son lot, d’une façon où d’une autre. Il regrettait juste de ne pas la partager avec la fillette qui hantait son esprit. Une gamine aux cheveux aussi rouges que ceux qui lui faisaient face.


« Pourquoi ne me tuez-vous pas ? »

Pas qu’il ait spécialement envie de mourir. Disons qu’il se fichait pas mal de survire ou non à cette nuit. Il retournait juste la question à son ennemie. Elle semblait penser que les vampires et les humains ne pouvaient cohabiter et pourtant, elle s’était contentée de le marquer d’une croix à la base du cou. Une croix qu’il voyait à présent pendouiller dans sa paume gauche.
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Kaitlenn Teagan
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Ven 18 Sep - 22:51

Kate aurait put lâcher prise dès les premières secondes. Avant que la marque sur la peau du vampire devienne inaltérable. L’étonnement aurait put l’a faire lâcher prise, pour être plus précise. Le vampire ne fit rien. Absolument rien. Pas de réflexe défensif, pas de sursaut d’étonnement. Rien. C’est cette attitude qui confirma l’irlandaise dans sa décision. S’il ne réagissait pas c’est qu’il avait prévu ce mouvement. Ces bras inertes le long de son corps étaient une feinte. Son souffle calme sous la paume de la chasseuse encore une apparence. Sinon pourquoi ne pas agir. Nous somme tous dotés de l’instinct de survis, humain et vampires confondus. Non ?

Rectification, si elle ne lâcha pas prise Kate se fit tout de même avoir. Elle avait dû desserrer son étreinte. Le vampire glissa entre le mur et elle. S’arrêta non loin de la jeune femme. Un frisson d’étonnement la secoua une seconde. Il lui fallut moins d’une autre seconde pour être de nouveau face au vampire, sur ses gardes, toutes griffes dehors. Inconsciemment elle avait osé sous-estimer l’animal. Elle se savait désormais sous l’emprise de la colère et bien moins efficace qu’une seconde plus tôt. C’est probablement pour ça qu’elle ne remarqua pas immédiatement l’attitude du vampire. Trop tendue, trop obsédée par l’attaque à venir. Attaque qui ne surviendrait pas. Il n’exprimait pas la moindre animosité. Aucune et il le confirma en parlant.

« Ils n’oublieront pas, jamais. »

La voix de Kate sonnait étrangement juste malgré l’évidente amertume dont elle était chargée. Celle du vampire était plus grave que son corps ne le laissait penser. Calme et neutre. De cette lointaine neutralité, détachée.
Et maintenant ? Elle le liquidait simplement, après avoir dressé un portrait complet de lui ? Un portrait image et son. Parfait. Il semblait capable d’oublier à sa guise. Trop préoccupé par lui-même, il n’envisageait pas l’angoisse de sa nourriture ? Non probablement pas, pas plus qu’un humain se préoccupe du bien-être de son bétail.
Il lui retourna sa question. Pourquoi ne le tuait-elle pas ? Justement elle comptait le faire. Croyez là.

Elle se devait d’éliminer chaque représentant de cette race abjecte et contre-nature. Oui les éliminer tous, mais lui seul avait-il le pouvoir de détruire l’humanité ? Cette réflexion la renvoya à une conversation qu’elle avait eue avec Faolàn. Récemment. Il soutenait que chacun d’eux était incapable face à certains vampires. Incapable de le tuer. L’adolescent en face d’elle était elle son vampire ? Avait-elle eu tord en soutenant qu’ils étaient capable de se débarrasser de tous ceux qui les oppressaient ? Non, évidemment.


« Parce que malgré tout c’est difficile. »

Le sourire qu’elle lui offrit était d’une douceur tout à fait angélique. Adorable, travaillé. Tout pour plaire, parce qu’elle avait été éduquée dans se but : Plaire. Qu’on jalouse son maître. Il adorait ça, sortir avec l’irlandaise comme accessoire. Sans oublier son plaisir personnel.
Kaitlenn est parfaitement consciente que cette guerre est un peu sa guerre. Sa vendetta.
Tout sourire elle fit un pas vers lui, sa colère s’était évaporée aussi vite qu’elle l’avait submergée. En quelques minutes, le temps de la réflexion.
Lorsqu’elle parla sa voix avait retrouvée toute sa douceur.


« Pour une fois j’aimerai qu’on m’échappe. Tu en es tout à fait capable.»


Elle offrait l’image classique de la charmante tueuse. Comme ceux qu’elle haïssait. Douce ironie.
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Mar 22 Sep - 17:52

Jamais est un mot que les humains apprécient sans en comprendre la vraie signification. Il y a dans ces deux syllabes toute la suffisance de cette espèce qui pense que le monde commence et se termine avec lui. Seules les créatures éternelles pouvaient commencer à appréhender cette notion et encore imparfaitement car malgré leurs pouvoirs, ils pouvaient naître comme ils pouvaient mourir. En 53 ans d’existence totale, Siriel n’avait absolument aucune idée de ce que cela pouvait dire mais il en savait assez pour comprendre que quand bien même il aurait menti, le souvenir du repas ne durerait que 70 ans au mieux. Une larme dans l’océan.

De plus, elle avait beau dire la chasseresse, elle avait peur. Il sentait l’odeur douçâtre de l’angoisse se mêler à sa sueur et son rythme cardiaque s’accélérer. Il n’avait pourtant pas la moindre intention de lui faire du mal. La marque de la croix sur sa poitrine lui donnait bien un peu faim mais il avait vécu avec cette sensation toute sa vie et une grande partie de sa mort, il n’y prêtait à présent plus aucune intention. Non, ce qui l’intéressait dans l’humaine, la raison qui le faisait rester près d’elle au lieu de s’enfuir plus vite que l’œil humain ne pouvait suivre, c’était sa voix. Plus amère qu’un grain de café cru.


« Je peux vous faire oublier si vous voulez. »

Neutre. Vide. Laissant ses yeux d’argent chercher les pupilles verte de la jeune femme, sans vraiment savoir quoi faire de ce regard. Il pouvait lui imposer sa volonté et l’obliger à passer son chemin. Il ne le ferait pas non plus. Pour une fois dans sa mort, il existait pour quelqu’un. Et cela le faisait devenir réel, plus que la brume blanche qui formait son corps, pas encore aussi vivant qu’avant sa mort. Piégé entre deux mondes, mais là.

Battement de paupières, plus pour ponctuer le passage du temps que par besoin. Siriel n’avait pas conscience de son immobilité toute vampirique. De sa poitrine qui ne se soulevait pas au rythme de ses poumons, de ses muscles justes assez tendus pour le faire tenir debout et de son calme aussi froid que le mur derrière lui. Et elle qui souriait. Parfaite, angélique, presque attirante.


« J’aimerais vous dessiner. »

Oh, il n’ignorait pas que le moment était très mal choisit et que la demande tombait comme un cheveu sur la soupe mais il voulait immortaliser ce sourire avant qu’il ne s’envole. Comprendre la femme en face de lui, si différente des humaines qu’il avait l’habitude de fréquenter. Et l’on ne comprend bien que ce que l’on dessine, c’était évident. Il avait envie de café aussi et sa poitrine le démangeait terriblement mais ça, c’était bien moins intéressant. L’esprit surpassait le corps des gens civilisés.

Il la regarda à nouveau avec son nouveau regard de vampire. Cela faisait partie de la merveilleuse malédiction qu’on lui avait offerte. Pour lui, la jeune femme était un kaléïdoscope de couleurs vives, chaudes, violentes mais belles. Ses cheveux brûlaient sous la lune en une myriade de flammèches brûlantes. Sa voix n’avait aucune force face à cet océan roux. Fuir pour quoi d’abord ? Il n’avait pas peur de la mort. Peut-être qu’au dernier moment, le fameux instinct de survie le pousserait à se dégager mais pour le moment, il ne ressentait aucune menace se dégager de l’humaine devant lui et n’avait pas du tout envie de bouger. La nuit était douce.


« Siriel Silver »

Voilà. Même s’il s’échappait maintenant, il venait de s’abandonner à la jeune femme. Il n’était pas dur à retrouver et si personne ne savait où il dormait exactement, ce n’était pas le genre de cachette résistant à une fouille approfondie. Ce serait un jeu d’enfant pour la chasseuse que de l’éliminer dans son sommeil. Et, curieusement, cela ne l’effrayait pas. Il sentait obscurément qu’elle ne lui ferait pas de mal. Pas de mal réel en tout cas, rien de plus que les provocations d’usage entre ennemis.

A l’humaine, il offrait l’immobilité vampirique. Mais à la prédatrice qui transparaissait derrière le sourire, il opposait l’adolescent sérieux et bien élevé qu’il n’avait jamais cessé d’être. Deux parfaits opposés qui refusaient de s’annuler. Il n’y avait que les humains pour se détourner ainsi de l’ordre naturel.
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Kaitlenn Teagan
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Mar 27 Oct - 21:05

Le vampire parlait peut, mais chacun de ses mots étaient comme une insulte. Lui faire oublier ? Kate reteint un ricanement, il se prenait pour qui ? Pensait-il rendre service en effaçant les souvenirs de l’irlandaise ? Peut-être ou peut-être n’en avait-il rien à faire. Peut-être voulait-il simplement prouver qu’elle s’avançait en parlant de jamais. Qu’elle n’était pas capable de l’envisager, tout juste concevoir cette notion. Que lui savait et qu’il était capable d’agir sur son esprit. Cette réflexion lui rappela combien les vampires étaient habiles dans l’utilisation de votre âme. Rien chez l’enfant en face d’elle ne pouvait la renseigner sur son âge véritable. Il n’était peut-être pas en mesure d’agir sur elle comme il le prétendait ou bien il était bien plus puissant qu’elle ne voulait bien lui accorder.

Le flou. Et le flou est insupportable. Kaitlenn décida donc de se renseigner sur son adversaire. Dépasser la simple observation physique qui lui avait permit de prendre ses repères en cas de corps à corps. Ce qu’elle découvrit était des plus singuliers et elle ne chercha pas à cacher son étonnement. Un adolescent, maigre et trop grand, ça elle l’avait déjà noté. Trop blanc aussi, un camaïeu de blanc même. Malade. C’était le premier mort qu’elle croisait et qui semblait ne pas soigner son apparence. Volontairement. Evidemment elle avait croisé (et tué) des genres de vagabonds vampiriques, mais c’était tout autre chose.
Kaitlenn surprit les yeux du vampire. Gris. Argent. Froid, comme lui, probablement comme ça peau. Un élan de dégout l’envahi. Elle n’en laissa rien paraitre. Il n’avait pas l’air mauvais, il avait l’air faible, presque affamé et pourtant il ne la touchait pas. Il n’esquissait pas le moindre geste. Si l’irlandaise faisait taire sa paranoïa une seconde elle se rendrait compte que l’animosité qui saturait l’air n’émanait que d’elle. Uniquement d’elle, malgré sont sourire charmeur et ses yeux aimables. Seulement elle s’abandonnait à ses doutes et à sa méfiance, si le vampire ne bougeait pas c’est certainement qu’il attendait le moment propice, pas d’autres explications possibles.
Il battit des paupières et c’est exactement à se moment que la situation devînt absurde. Totalement incohérente. Si l’irlandaise n’avait pas perdu sa façade ce n’est que grâce à de longues années d’entrainement. Cette expression avenante ? Un masque, rien de plus. Lorsque Kaitlenn souriait vraiment c’était éclat de rire et exubérance. Quelques parisiens pourraient en témoigner. Faolàn et … Peut-être que Faolàn en fait. Bref, c’est lorsque ses paupières se rouvrirent que la réalité bascula. Il se moqua d’elle alors qu’il avait fait preuve d’une neutralité parfaite jusqu’alors.


« Me dessiner ? Bien entendu. » Elle s’autorisa un rire cristallin de ceux qui peut aussi bien vous charmer que vous glacer. « Je vais te chercher un café aussi ? »

Pour le coup il l’intriguait vraiment. Peut-être que s’il n’attaquait pas elle en resterait là, après tout elle pourrait le retrouver le jour ou elle se sentirait d’attaque. Il était marqué à vie, comme elle. Un second élan de dégout, envers elle cette fois. Elle ne valait vraiment pas mieux qu’eux n’est-ce pas ? Si ce malaise transparu sur ses traits elle se reprit vite. Ce n’est pas parce que ce vampire était allumé qu’il n’était pas aussi observateur que ses congénères. La preuve par dix : Il souhaitait la dessiner. On étudier l’autre lorsqu’on le couche sur papier. C’est indéniable.
C’est aussi pour ça qu’elle lui avait répondu si vite, légèrement moqueuse. Pas qu’elle eu le moindre don d’extra-lucidité. D’ailleurs à l’exception de quelques droguée il faut avouer que peu d’humain sont capable de voir une autre réalité, encore moins de lire les esprits.

Le vampire reposa son regard sur elle et elle raffermit sa prise sur son arme, se rendant compte qu’elle l’avait inconsciemment abaissé. Très légèrement, certes, mais c’était déjà trop. Là-dessus, tout en l’observant, il lui offrit son nom. Son nom sur un plateau d’argent. Sa vie entre ses mains. Délicates et fines mains d’une femme charmante, on est d’accord, mais elle lui avait bien fait comprendre qu’elle voulait sa mort ? Oui, ça semblait pourtant bien clair.
Le sourire de l’irlandaise s’élargit donc, découvrant ses dents blanches et parfaites. Une mimique empruntée à son défunt maitre ? Certainement.


« Pourquoi ? »


Elle ne se rapprocha pas, ne posa pas sa min libre sur la joue de l’enfant comme son instinct là poussait à le faire. Elle était trop raisonnable encore. Elle laissa donc retomber sa main sans avoir effleuré la peau froide et dure du mort.

« Tu me dessine et je te tue. C’est ça l’idée ? »

Cette situation était vraiment trop étrange. L’animosité avait déserté son corps et si elle comptait le tuer c’était par simple vengeance. Elle le ferait un jour c’était certain. L’arme contre sa jambe, débout devant le vampire, Kaitlenn cherchait à comprendre cet obscur individu.
Il ne la tuerait pas ce soir. C’était une certitude.


« Kaitlenn Teagan. »

Un soucis d’égalité peut-être ?
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Jeu 29 Oct - 18:09

Elle ne pouvait pas savoir ce que représentaient pour lui ces quatre lettres si simples. Café. Sa chaleur, sa couleur, son odeur. Sa profonde amertume pareille à celle d’un amour brisé. Il était la somme de tous les mots en –eur qui l’avaient un jour frappé. Et sa douleur, délicieuse, était celle des heures précédant l’aube.

Inconscient de l’ironie des propos de la jeune femme, il leva sur elle des yeux soudains brillants d’envie et de convoitise. Illuminés par le désir au point d’en paraître presque violets. Ses lèvres s’étirèrent en un curieux sourire, emplit de peine mais également de bonté. Sous la lune, sa peau brilla. Mais sa voix, elle, restait neutre, polie. Immuable.


« Oh. Oui, je veux bien, s’il vous plait. »

Sans faire de gestes brusques –il avait tout de même conscience du danger incarné par l’avatar de Diane – il se laissa glisser contre le mur en position assise. Il étira alors ses bras, indifférent à la marque noire ainsi dévoilée par sa chemise. D’aussi loin qu’il se souvienne, il l’avait toujours eue. Il était ainsi désigné comme étant la propriété d’un autre. Lié à son destin pour l’éternité. Cela ne l’avait jamais vraiment gêné. Ce n’était pas comme s’il avait eu un choix quelconque dans l’histoire. Et puis on ne l’avait pas réellement maltraité. Sarah avait vécu heureuse, il s’en était assuré. Et maintenant qu’elle n’était plus, plus rien n’avait véritablement d’importance.

La douleur le rappela à l’instant présent. Ce stupide moment qui n’allait jamais comme il fallait. Il monta un des deux bras, peu importait lequel et dégrafa un bouton de sa chemise, éloignant le tissu de sa nouvelle marque. Puis, dans un même geste, ramassa un bloc et un crayon qui étaient tombés, abandonnés sur le pavé.

Tandis qu’il tournait les pages, absorbé par la chasseuse, plusieurs paysages parisiens défilaient. Le Sacré Cœur, la tour Eiffel, le Manoir et d’autres monuments quelconques se dressant dans l’obscurité. De temps à autres, un portrait, clair dans les ténèbres. Siriel, lui, n’y prêtait aucune attention. Ses mains savaient sentir une feuille vierge.

La femme montrait les dents, sans qu’aucun croc ne vienne déranger leur parfait alignement. La proie essayait de se transformer en tigre. Le prédateur, lui, cherchait à paraître innocent. Encore une contradiction. Naturelle cette fois.


« Je vous dessine. Ce que vous faites vous regarde. »

Il avait trouvé la feuille et commencé à poser du carbone sur la pulpe sans même regarder ses mains. Ombre, glissé, lumière. C’était un rythme qu’il connaissait si bien qu’il le reposait plus qu’il ne lui demandait d’efforts. Et les ombres créaient une image sur le blanc. Comme toujours, les ténèbres régnaient.


« Pourquoi quoi Kaitleen ? »

Une mèche de cheveux noirs vint traverser le visage encore indéfini de la femme de papier, ombrant une bouche sensuelle légèrement entrouverte. Une invitation qui sera réfutée plus tard. Lorsque les reflets des pupilles dévoileront la froideur intérieure de ce visage de poupée.


« Pourquoi devrais-je craindre la mort alors que je ne suis plus vivant ? Pourquoi devrais-je tuer alors que je ne peux pas mourir ?»
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Kaitlenn Teagan
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Mar 17 Nov - 0:56

C’était décidé Kaitlenn ne tuerais pas ce soir, pas ce garçon. Ce vampire. Quel âge avait cet enfant ? Depuis combien de temps ? Ces questions, cette décision furent amenées par une seul geste du vampire.
« Je vais te chercher un café aussi ? » C’était du tac au tac et pourtant le vampire avait relevé vers elle des yeux emplis d’espoirs et d’envie. Elle vu son premier sourire, sincère à vous faire honte. L’Irlandaise aurait eu honte face à un humain, elle se serait débrouillée pour lui trouver du café… Lui ? Devait-elle s’en vouloir ? Il avait eu l’air tellement sincère ? C’est ce sourire presque douloureux qui fit fuser d’étranges questions dans l’esprit de la jeune femme.
Ce sourire qui assurait la survie de l’enfant pour une nuit de plus. Etait-il donc si naïf ? Il s’assit en douceur, glissant contre le mur sans brusquer la chasseuse.

Du moins pas dans ses gestes. Dans son mouvement il avait, involontairement, découvert son bras, sa marque. Noir, immuable. Le sourire de Kaitlenn se figea. Rien de plus étrange qu’une femme dont le masque devient évident. Elle caressa son poignet, heurtant ses bracelets. Son geste à elle entraina une série de cliquetis. Sa musique à elle, musique corporelle, dépendante de ses mouvements.
Lui aussi avait appartenu à quelqu’un. Pire, il appartenait peut être encore à l’un de ces foutus vampires. L’irlandaise peinait désormais à maitriser sa surprise, mais y parvenait tout de même. Souriante, toujours. Il était un vampire après tout. Il l’avait probablement subit de son maître. Etait-ce une raison suffisante pour l’épargner ?

La vengeance était un pécher auquel la jeune femme s’adonnait inlassablement. Connaissant le manque de consistance de cette démarche. L’insatisfaction constante, comme si rendre justice était impossible. Elle ne se cherchait pas pour autant de faux prétexte, elle ne tuait pas pour un monde meilleur, elle ne cherchait pas l’égalité des races. Elle voulait leur mort pure et simple, leur extermination. Sans demi-mesures. Sans faux semblants.
Pourtant Kaitlenn abandonna son arme dans son étui, fin des hostilités. Elle ne s’approcha pas du mort assis, mais elle s’accroupit face à lui. Pour accéder à son désir. Il n’aurait pas de café de sa part. Autant ne pas le décevoir complètement.
En s’accroupissant elle eu le loisir de voir que ce prédateur était un artiste. Il avait vraisemblablement l’habitude de croquer. Avait-on nécessairement besoin de s’occuper lorsqu’on était éternel ? Ils semblaient tous si parfaits, ces éternels… S’en était presque insultant. Elle-même avait été façonnée pour leur ressemblé, dans ses attitude et malgré elle.


« J’estime que ta mort te regarde également. »

Le sourire de Kaitlenn semblait plus doux. Une once de compassion avait probablement fait son chemin entre la haine et l’entêtement.

Siriel, l’étrange vampire, commença son croquis. L’irlandaise quitta le carnet du regard pour fixer le vampire. Le détailler lui alors qu’il l’observait elle : La ligne de sa mâchoire ; ses lèvres étirées en un aimable sourire. Ses sourcils, l’un d’eux légèrement arqué comme… septique ? Enfin ses cheveux resplendissant, probablement noirs sur le croquis.


« Souvent on craint la mort par peur de l’oubli.»

Kaitlenn ne bougeait pas, ses lèvres reprenaient l’exacte inclinaison qui formait leur sourire lorsqu’elle se taisait. Un automatisme.

« Tu as quel âge ? »

A tâton elle toucha un poignet du vampire, une seconde seulement. Il ne fallait pas provoquer la bête en lui. Elle ne se leurrait pas, il lui sauterait probablement dessus lorsqu’il aurait eu son image. Effleurant ses propres doigts elle conservait l’étrange sensation du froid lisse de sa peau. Comme un souvenir qu’on effleure avant de l’étouffer.
Elle ne le quitta pas des yeux une seconde. L’irlandaise voulait également savoir à qui elle avait à faire. Comprendre l’adversaire. Après tout, il dérogeait déjà à la règle : Elle posait pour lui.

Elle posait pour lui et étrangement cet âcre gout dans sa bouche ne s’imposait pas tant que d’ordinaire… Pourtant ? Pourtant elle était de nouveau un bel objet qu’on observait. Qu’est-ce que Siriel avait de différent de son maître ? Rien probablement.

Et il n’était pas question que Kaitlenn s’amuse à imaginer autre chose. Elle irait à l’église dès l’aube. La vantardise était certainement étroitement liée avec le pécher d’orgueil. S’exposer ainsi à ce mort n’était rien d’autre que de la vantardise.
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Mer 18 Nov - 16:50

L'amertume est un goût bien particulier, l'un des rare que l'on peut ressentir sans forcément ingérer quelque chose. Car si l'on parlait parfois de sentiments sucrés, ils ne sentaient rien sur la langue tandis que la déception envahissait sa gorge et le faisait presque suffoquer. Pas de café. Trois mots, quatre syllabes, et un espoir déçu. Il retint un soupir. Tant pis. Ce n'était ni le premier, ni le dernier et la surprise de l'humaine en face de lui, le masque figé qui s'était un moment collé sur son sourire, excusait sa cruauté. Comme tous les humains, elle n'avait pas conscience de la portée de ses mots.

Silencieux, rangeant sa soif avec les autres maux de sa non-mort, le vampire écouta la musique de son modèle. Les bracelets qui cliquetaient à chacun de ses mouvements n'avaient rien d'artificiels mais faisaient partie de ce qu'elle était. Ils étaient un détail du dessin, invisible sous les longues manches dont il avait prévu de l'affubler mais là. Comme l'arme à sa ceinture, comme l'indécision derrière l'amabilité. Comme sa peur devant sa marque.

Les yeux gris du garçon quittèrent alors la chasseuse pour se poser pensivement sur son tatouage. Depuis le temps, force était d'avouer qu'il ne le voyait plus. Il n'avait jamais connu la liberté et cette marque avait marqué l'entrée dans une vie meilleure. Pendant quelques années, Sarah et lui avaient été choyés, nourris, vêtus avec goût, environnés seulement de beauté. A cette époque, l'attachement de l'adolescent envers son maître n'était pas seulement du à l'hypnose mais surtout à la reconnaissance. Et puis il y avait eu l'accident. Et maintenant, il était lié à son Lord pour l'éternité. Par le grief, par l'amour et la haine.


"Si vous voulez."

Que répondre à cela ? Si elle l'estimait ça la regardait. Lui s'en moquait plus ou moins. Il était mort sans l'être et du coup, la mort réelle perdait beaucoup de son mystère. Peut-être rejoindrait-il alors sa sœur. Ou peut-être pas. Cela ne pouvait pas être pire de toute façon. Il était déjà condamné à un enfer éternel alors ici ou ailleurs, cela n'avait aucune importance.

Le sourire de Kaitlenn semblait plus doux, comme compatissant quelque part entre la haine et la peur. Il reprit son dessin, laissant son regard aller de la rousse au papier, écoutant poliment ce qu'on avait à lui apprendre. Il connaissait mal le monde, il le savait. Il ne demandait qu'à le découvrir finalement. Principalement à travers les yeux des autres. C'était moins douloureux.


"Qui n'existe pas aux yeux des autres n'a aucune preuve de son existence. Et qui n'existe plus peut n'avoir jamais existé. Je suppose."

Cela dit, lui cherchait à être oublié. Parce qu'il était la mort. Même s'il ne tuait pas. Il connaissait la bête en lui, sa faim, son but. Et si ses derniers restes d'humanité semblaient tenir pour le moment, il n'avait aucun moyen de savoir quand ils allaient mourir à leur tour. Il était jeune. Très jeune. Trop.


"16 ans."
Une pause. Difficile de savoir de quel âge elle parlait
. "Né le 1er Janvier 2101."

Elle lui toucha alors le poignet, effleurant sa marque comme un pétale de rose, tandis que ses mains à lui continuaient à courir sur le papier. Le contact ne le gênait pas même si rare étaient les humains qui s'y risquaient. La bête en lui hurla un moment, il l'ignora.

Peu à peu, les ombres et les lumières laissaient place au vrai visage de la jeune femme. Son sourire, à la fois lumineux et artificiel comme les néons éclairant certaines boutiques, ses yeux, froids, dangereux mais tellement vivants au fond, et sa peau, parfaite. Quand à ses cheveux de feu, les noircir trahirait leur chaleur aussi se contenta-t-il de mettre une touche de gris clair aux endroits stratégiques, laissant les illusions donner un volume, un mouvement que le papier ne pouvait rendre seul.


"Et vous ?"

Fitz serait fier de lui. Il s'était souvenu qu'il fallait relancer une question quand on lui posait une. Bon, longtemps après. Et il se fichait pas mal de la réponse finalement, il cherchait juste à continuer la conversation. Se montrer poli. Enfin faire au mieux ce qui n'était pas facile.


"Vous avez un accent."

Et ça encore, ce n'était pas vraiment une question. Mais bon, Rome ne s'était pas construite en un jour disait-on.
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Kaitlenn Teagan
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Lun 7 Déc - 0:06

L’instant était suspendu et la respiration de Kaitlenn calme, raisonnable. L’humain est avant tout un animal et l’animal sent le danger. Cet instant n’avait pas l’odeur du danger.
Le regard gris du vampire allait et venait de sa feuille à son sujet. Neutre. Il faut savoir qu’un dessinateur ne regarde pas comme quelqu’un qui observe, il détaille, il comprend et il note, parce que le croquis n’est rien d’autre qu’une écriture. Kaitlenn se serait presque vexée. Elle avait l’habitude d’être admirée, enviée, crainte ou désirée. Pas étudiée avec une telle neutralité. Heureusement cet instant flottant ne permettait pas à sa vanité d’exploser. Et le vampire parlait peu, mais avec un bon sens tout à fait intéressant.


« C’est pour ça qu’on s’acharne à être exceptionnel, marquer notre histoire. Tu trouve ça dérisoire ? »

Oui Kate avait envie de connaître l’avis de ce garçon. Parce que là, ils n’étaient pas chasseur et chassée, mais juste deux âmes en face. Oui l’irlandaise croyait dans l’âme de chacun des être sur cette terre bien que celle des sangsues fut bafouée et maltraité. Violé par une nature qu’on leur a imposée.
Il avait seize ans, depuis un petit moment déjà. Techniquement il était plus âgé qu’elle d’ailleurs. C’est certainement ce qui rendait les immortels si remarquable. Quand on peu se passer de sommeil et qu’on à l’éternité devant nous on peut l’utiliser à s’instruire ou laisser la bête commander. Evidemment lorsqu’on connaît l’irlandaise, sa haine envers la race vampirique. Sa haine intarissable. Il est difficile de croire qu’elle ne les considère pas simplement comme de stupides prédateurs. Seulement quand on connaît vraiment Kaitlenn on sait que dix ans de sa vie elle a côtoyé les vampires, certains instruit et particulièrement intéressant. Elevée par son maître elle ne peut qu’être lucide. Lucide aussi sur son envie de vengeance. Stupide et puérile. Faire justice en étant injuste et catégorique. N’est-ce pas dérisoire ?
Les réflexions de l’irlandaise avait laissé place aux chuchotements du crayon de papier puisque son compagnon était peu loquace. Il lui demanda pourtant son âge à elle, comme s’il venait de se rappeler le principe d’une conversation. L’amusement traversa les prunelles vertes de la jeune femme.


« 27 ans. »

Il fit remarquer son accent. Elle eu envie, incohérente, de lancer une de ces répliques du tac au tac. Celles qui amusent vaguement, facile, elle céda à cette envie.

« Toi aussi. » Facile. « Je suis Irlandaise. Il faut croire que rien ne peut effacer l’Irlande. »

La fierté tinta sa voix une seconde. La grande Irlande, sa terre, ses origine. Oui elle était patriotique, mais qui n’a pas visité cette terre ne comprendra pas. L’Irlande c’est la vérité et ça Kaitlenn le pensait sans artifice, sans faux semblants. Sans fausses mesures.
L’Irlande n’a pas besoin de diamant pour briller, c’est aussi malheureusement pour ça qu’on l’y avait arrachée. Pour ça qu’on avait ramené la jeune Teagan en France comme un bel objet. Elle chassa rapidement cette pensée pour laisser les souvenirs de son pays rouler dans sa mémoire, comme un fond sonore, une belle illusion. Se contentant seulement du peu qu’elle avait pu emporter.
Les images se superposant au croquis de Siriel, au visage de Siriel. Etrange mélange. Aussi étrange que cet instant. Le vampire montrait déjà un intérêt certain pour l’irlandaise, puisqu’il avait exprimé le désir de la dessiné. De plus elle l’avait lu sur son visage au début de leur rencontre. Elle devait se contenter de ça et ne pas se laisser aller à exiger l’admiration de tous. Elle suscitait déjà bien assez de réactions.
Et cette rencontre était incohérente. L’irlandaise avait commencé par agresser le vampire et celui-ci l’avait apprivoisé en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il avait instauré comme une pause dans la folie vengeresse de la jeune femme. Il s’était également livré à elle. Tout ça en très peu de temps. Même pas deux heures ? C’était incroyablement incohérent. Et cette prise de conscience raviva la méfiance de Kaitlenn. Evidemment rien n’apparaissait clairement sur son visage. En revanche peut être que Siriel saurait comprendre ce changement d’humeur. Comprenez, ça faisait tout de même plusieurs minutes qu’il l’observait de fond en comble. Le dessin permet de faire passer une idée, de comprendre et de faire comprendre. De plus être éternel doit facilité l’apprentissage, après tout, il avait tout son temps…
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Siriel Silver
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Ven 18 Déc - 7:34

Marquer l'histoire. Comme toujours, les mots signifiaient plus que l'on voulait en dire. Ils justifiaient l'instinct destructeur de l'homme. Son besoin d'absolu, d'idéal, d'immortalité. Marquer l'histoire, marquer l'espace, marquer les esprits, sans penser une seconde que ces impressions étaient aussi violentes que les fers que l'on vous posait sur la peau. Aussi artificiels que la peinture sur une montagne, que le couteau de l'ébéniste dans la chair du bois. Marquer le monde, c'était le tuer un peu pour ne pas mourir complètement. Un paradoxe devant lequel la conscience humaine restait muette. Il haussa les épaules. Sincèrement, ça lui était égal.


"C'est humain. Je ne le suis plus. Je passe au travers du temps, je n'ai pas besoin d'exister."

Et c'était d'ailleurs pour cela qu'il s'effaçait lui-même de l'esprit de ses victimes. Le monde était bien assez abîmé comme cela, inutile de le scarifier davantage. Un instant, il leva les yeux vers elle, plus interrogateur qu'artiste pour une fois, s'interrogeant sur ce besoin qu'elle avait de posséder tout ce qui se trouvait autour d'elle. Impressionner par sa beauté, son intelligence, sa froideur ou sa cruauté. Marquer le monde comme elle lui avait marqué la poitrine. Avec le souvenir d'un martyr et la force d'une foi étrange. La haine par-dessus, comme un glaçage sur le gâteau de l'étrangeté. Kaitleen ne le comprenait pas. C'était réciproque.


"L'Irlande, c'est le pays blessé ? Celui qui n'arrive pas à effacer une cicatrice sur son être."

Il ne parlait ni pour lui, ni pour son interlocutrice mais presque pour le vent, essayant de repêcher dans sa mémoire ce qu'il avait lu sur cette île. Seulement, les mots n'avaient pas le même sens pour lui. Il avait comprit le principe mais pas vraiment l'expression. Il retourna à son dessin, songeur, oubliant la réalité de son modèle. Il lui arrivait parfois de dessiner Sarah quand il l'avait sous les yeux. Là, c'était pareil.


"Elle vous fait mal. Elle vous a …marqué, non ?"

Pas l'ombre d'un triomphe dans sa voix ni le moindre soupçon de joie sur son visage. Siriel n'essayait pas de prendre son interlocutrice en défaut, il voulait comprendre. Lui, par lui, pour lui. Avec sa vision des choses qui dépassaient leur simple expression. Ne trouvant plus rien à dire, il reprit son dessin, insistant sur les détails, pour faire durer l'entrevue. Car elle l'avait dit, quand il aurait terminé, elle le tuerait. Le moment était d'ailleurs peut-être venu, on lisait de la méfiance dans ce masque d'ange.

Sans un mot, ni un geste superflu, avec une lenteur tout ce qu'il y avait d'humaine, il termina, signa en bas de sa feuille, la détacha, refermant le bloc avec douceur et attention. Le dessin c'était sa vie. Il se fichait pas mal de mourir, la plupart de ses portraits pouvaient bien brûler sans lui faire verser une larme, mais l'image de Sarah cachée dans la couverture n'appartenait qu'à lui. Il refusait de la laisser disparaître. Pas encore. Plus jamais.

Une main tendue qui pouvait-être la sienne apparu alors dans son champ de vision, tenant une feuille de papier stratégiquement noircie. Le portrait. Il attendit qu'elle le prenne, se leva dans un même mouvement souple, restant tout de même face à elle, contre son mur. Il avait comprit son mystère. Elle ne supportait pas sa marque. L'ombre que l'on devinait à son poignet, celle dont il avait la sœur au bras gauche. Ce n'était pas tant lui qu'elle haïssait qu'elle. Enfin il croyait. Assez pour parier en un soupir qu'elle ne le tuerait pas.

Bon et maintenant, on faisait quoi ? L'ennui le reprenait doucement mais sûrement, teintant tout autour de lui d'un filtre grisâtre. Il aurait bien parlé encore mais ne savait pas quoi dire à part que l'Irlande n'avait pas marqué qu'elle, que le Cygne et son frère Loup semblaient tout aussi blessés. Mais quelle importance ? Cela ne faisait pas avancer le débat, au contraire et les mots ne devaient jamais être prononcés à la légère. On pouvait utiliser une fronde pour attraper le fruit d'un arbre. Mais un tir imprudent pouvait dégommer le corbeau. Toute référence inconsciente à son ancien maître étant évidement parfaitement impossible.


"Pourquoi ?"

Après tout, si on pouvait plumer le volatile, ce n'était pas forcément un mal. Peut-être même qu'il allait pouvoir rejoindre Sarah…quand à la question qu'il posait…il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il pouvait bien demander. A elle de l'interpréter comme elle le voulait. C'était beaucoup mieux comme ça.
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Kaitlenn Teagan
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MessageSujet: Re: Est-ce la main de Dieu, est-ce la main du Diable [terminé]   Ven 15 Jan - 0:46

Il n’avait pas besoin d’exister ? C’était peut-être là la raison de cet étrange camaïeu qui le caractérisait. Siriel, un subtil dégradé de gris. Ne pas exister. Inconcevable. C’était donc ça la véritable neutralité ? Ne plus avoir besoin d’exister. Siriel ne portait pas de masque. Le masque c’était quand il s’efforçait à alimenter une conversation.
Les charmantes lèvres de l’irlandaise se serrèrent une seconde. Un pincement d’incompréhension, d’incompréhension, pas de désapprobation. Elle qui avait tant besoin d’exister était là confronté à l’ombre d’un vampire. Une ombre qui jouait simplement son rôle d’ombre. Ombre qu’elle laisserait telle quelle, parce que c’était un vampire.
D’ordinaire Kaitleen bousculait les ombres, les secouait par les épaules. Une ombre n’avait pas lieu d’être dans un corps humain. Un corps humain était il encore humain s’il fonctionnait grâce au sang d’autrui ? Non. Que l’ombre les envahisse donc, ça n’était pas son problème.
Pourtant, cette fois ça n’était pas le mépris qui animait Kaitlenn, elle n’avait simplement aucun pouvoir sur ce vampire et il vivrait. A défaut d’exister.

Il arracha un hoquet surprit à l’irlandaise. L’Irlande, un pays blessé ? Kaitlenn aurait voulut s’offusqué, lui prouver le contraire tout en détachement. Il n’y aurait pas eu une once de mépris dans sa voix. Le mépris est une manière de se défendre, d’écraser, or la seule vérité n’avait pas besoin d’écraser.
Elle ne pouvait pas s’offusquer. L’Irlande était effectivement un pays blessé. Déjà trop tôt asservit, les choses n’avaient pas bien évolué depuis le règne vampirique. Les terres appartenaient en réalité à des immortels. Pas que les hommes aient plus de légitimité sur l’Irlande que leurs prédateurs.
Kate ne baissa pas les yeux, il avait raison. Elle n’avait pas honte pour autant. Elle gardait le silence. Accroupie sur se trottoir, légèrement engourdie. Vexée par son interlocuteur elle l’écouta lorsqu’il reprit avec ce même détachement.


« Elle me manque. »

Kaitlenn n’était pas marquée par l’Irlande, du moins elle ne l’envisageait pas ainsi. Si son pays lui manquait, elle n’irait probablement jamais. Elle n’en avait pas le courage. Les souvenirs d’enfance son souvent sublimés par la mémoire. Il est bon de se plonger dans ses souvenirs, pas de sombrer dans la mélancolie. La chasseuse n’avait pas la force d’être déçue. Chacun se construit sur des certitudes. Plus ou moins fondamentales. Il n’empêche que ces certitudes façonnent les êtres. C’est pour ça qu’ils sont si peut enclin à les ébranler. Une réaction on ne peut plus humaine. N’est-ce pas ?
Kaitlenn ne retournerait probablement jamais chez elle.
Un morceau de papier vient troubler sa vision et ses réflexions. Le portrait. Kate jeta un œil au croquis alors que le vampire se relevait. Elle l’imita aussitôt –pas question d’être en position d’infériorité- ce qui lui permit de se dégourdir les muscles. Elle observait sans commentaire le croquis dans la main du vampire. Indiscutablement réussit. Trop juste peut-être. Pas que Kaitlenn n’aime pas la vérité. Plutôt qu’elle n’aimait pas qu’on la comprenne. Pas qu’un inconnu la comprenne comme cet immortel semblait la comprendre.
Lui cédé avait peut-être été une erreur. Tant pis.
Elle lui laissa le croquis, il demanda pourquoi et une seconde elle cru qu’il ne comprenait pas son geste. Une seconde d’hésitation, ou deux, ce temps où elle se demanda elle-même pourquoi elle refusait cet inoffensif présent. Lorsqu’elle comprit que la question sortait de nulle part, elle choisit de répondre à celle qu’elle croyait logique.


« Je n’ai pas envie de te tuer. Pas ce soir. Un jour. Pas cette nuit. »

Son ton était calme. Parfait contraste avec l’énervement qu’elle dissimulait. Elle devait le tuer, il se moquait parfaitement de vivre. Il n’existait même pas. Il ne manquerait à personne. Tout ce qui resterait de lui ? Un carnet de croquis. Rien en sommes.
Elle devait le tuer, au lieu de ça elle s’alluma une cigarette. Ils n’avaient plus rien à faire ensemble si elle ne le tuait pas, alors elle allumait une cigarette pour le chemin du retour. Elle allait partir.
Elle allait décrocher ses yeux des prunelles argent. Partant d’abord à reculons, prête à toute agression. Elle aspira une longue bouffée de nicotine et rejeta la fumée sans prendre en considération les poumons du vampire.


« A bientôt. »

Le sourire qu’affichait la chasseuse était de nouveau dur et carnassier. Paradoxalement charmant.
Elle fit un premier pas en arrière. Il n’y avait plus rien à dire, non, il ne fallait plus rien dire. Il n’était pas question que l’irlandaise ébranle plus ses certitudes pour la nuit. Elle ne laisserait pas Siriel transmettre son venin dans son esprit déjà visiblement défaillant.
Kaitlenn ne faisait aucune exception, c’est pour ça qu’elle était aussi efficace.
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